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Publié par Isabelle Kévorkian

Madame Théo Van Rhysselberghe
Madame Théo Van Rhysselberghe

Le musée des Avelines (Saint-Cloud, Hauts-de-Seine), labellisé musée de France, expose un poète, critique, collectionneur et passeur d’art, grâce aux prêts du Musée d’Orsay et de la BNF. Plus de 180 œuvres inédites ont été rassemblées, réparties dans 4 salons, qui constituent un parcours-reflet de l’histoire de l’art. Destiné à une brillante carrière d’avocat, Emile Verhaeren laisse tout tomber pour se consacrer à la poésie. Belge, né dans les Flandres près d’Anvers, il passe les seize dernières années de sa vie à Saint-Cloud, avant de mourir fauché par un train à Rouen. Il paraît que nous avons tous appris à l’école ses poèmes : « Le vent », « Les pêcheurs » ou « Le forgeron ». Considéré comme visuel et moderne, proche de Zweig, Rolland, Rilke, Pasternark, Gide, Mallarmé, Ensor, Le Sidaner, Bourdelle, il a contribué à la visibilité de Signac, Seurat, Cross. Heurté par la guerre, il est à l’initiative de salons littéraires mêlant art, culture, littérature et politique, visant à offrir une vision élargie du monde et de la société. Ses poèmes racontent la vie, dans ses petits détails et sa douce musicalité. Emile Verhaeren n’a cessé de construire des ponts entre la France et la Belgique, et né près d’un fleuve, il terminera non loin de la Seine. L’homme était "Le Passeur d’eau" et d’émotions.

Emile Verhaeren (1855 – 1916), poète et passeur d’art au Musée des Avelines de Saint-Cloud, jusqu’au 6 mars. www.musee-saintcloud.fr

Le Marais a été le premier secteur sauvegardé grâce à la loi Malraux, ministre des affaires Culturelles. Après une intervention à l’Assemblée Nationale (23 juillet 1962), la loi pour la sauvegarde du patrimoine historique est promulguée le 4 août 1962, et Le Marais inaugure cette forme de protection particulière le 16 avril 1965. Témoignages d’habitants de deux rues emblématiques de chaque arrondissement : la rue des Rosiers (4ème) et la rue du Temple (3ème). Salles consacrées aux fouilles, dons, fragments, reconstitutions d’Hôtels particuliers (Saint-Aignan, Domont, Beauvais), et à l’approche sensorielle et chromatique du Marais, à travers le nuanciel de Guillaume de Monfreid, qui a proposé une déclinaison de la couleur originelle « pierre », affirmant qu’il existait autant de couleurs que de pierres composant le Marais, sur lesquelles le ciel se reflétait. Un îlot de photos est consacré à … l’îlot 16, réputé insalubre, où beaucoup mourraient de tuberculose et priaient leur protecteur, Saint Gervais. La dimension politique met à l’honneur les acteurs de cette loi : André Malraux et Pierre Sudreau, ministre de la Construction, et leur farouche volonté de ravaler des monuments parisiens emblématiques pour les considérer dans leur contexte. La salle « Malraux » est composée, grâce au concours de l’INA et des archives nationales, de photos d’époques (caractère aéré du Marais, jardins japonais), traités, extraits de loi, plans, tracés. L’institutionnel fait place au « musée de vie », qui permet d’articuler les points de vue : associations (Paris Historique), festivals, enseignes, photos, initiatives de particuliers, fondations (Maeght). L’un des sujets majeurs est mis en lumière dans une alcôve : la place réservée aux piétons, en particulier au marché des enfants rouges, ancien hospice pour enfants abandonnés sous François 1er, qui portaient une tunique rouge. L’exposition invite à prendre son temps : la meilleure manière de porter un regard distancié sur la réhabilitation d’un quartier historique et patrimonial.

Le Marais en héritage(s), au musée Carnavalet, jusqu’au 28 février. www.paris.carnavalet.fr