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Publié par Isabelle Kévorkian

Oratorio à la cathédrale Notre-Dame, par l’Orchestre de chambre de Paris

Par une nuit de pleine lune, ce jeudi 5 mars 2015, l’Orchestre de chambre de Paris et la Maîtrise Notre-Dame conviait un large public, au cœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris pour un oratorio remarquable. Un concert unique introduit par le recteur archiprêtre et les frères chapelains : « deux œuvres parmi les plus grandes du répertoire de musique sacrée, cet oratorio donne un sens particulier à la vie spirituelle et culturelle ». Au programme Joseph Haydn : « Les Sept Dernières paroles de Notre Seigneur sur la croix », composée sur commande d’un chanoine de Cadix en 1783. L’une des pièces orchestrales qui illustre le mieux les derniers mots du Christ, « parmi les plus profondes paroles de l’Evangile ». D’une rare intensité dramatique, « qui replace l’Homme au cœur du mystère Chrétien ». Porté par les voix de Sophie Klussmann, soprano, Marie-Claude Chappuis, alto, Zachary Wilder, ténor et Konstantin Wolff, basse.

Aujourd’hui, tu seras avec moi au paradis

Femme, voici ton fils, et toi, voici ta mère

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné

J’ai soif

Tout est consommé

Père, je remets mon esprit entre tes mains.

Il terremoto, « Il n’est plus »

Puis, Félix Mendelssohn-Bartholdy : « Psaume 42, Wie der Hirsch schreit », connu pour la traduction de Théodore de Bèze : « Ainsi qu’on oit le cerf bruire ». Créée en 1837, il s’agit d’une « page de chorale qui traduit le portrait d’une âme en quête de Dieu », que le compositeur avait offerte en cadeau de mariage à son épouse. Sept parties également : le Chœur. Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche toi, mon Dieu. Puis l’air (la soprano Sophie Klussmann), le récitatif et le chœur se font écho, enfin le quintette et le chœur final. Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi ? Espère en Dieu ! De nouveau, je rendrai grâce : il est mon sauveur et mon Dieu ! Le Dieu d’Israël maintenant et à jamais.

Ce soir-là, Bertrand Delanoë est présent, fervent soutien de l’Orchestre de chambre de Paris. L’ancien maire de la capitale s’enthousiasme : « Ce soir, cette formation, avec la Maîtrise de Notre-Dame a démontré son exceptionnel potentiel d’excellence et de complémentarité ».

Le chœur de la Maîtrise de Notre-Dame conduit par Henri Chalet, et le chœur enfant par Emilie Fleury, étaient dirigés par Leonardo Garcia Alarcon, chef d’orchestre, claveciniste, professeur au conservatoire de Genève. A l’issue de la représentation, il semble en suspens : « Le Psaume de Mendelssohn constitue un transport spirituel et un voyage émotionnel (…), le niveau technique émotionnel dans cette œuvre, jusqu’à l’apothéose véhiculée par les cordes, rend sacré le trouble (…), les enfants ont fait preuve d’une grande maturité et ont démontré à quel point ils avaient compris la charge affective, l’empreinte passionnelle de ce psaume (…), On n’a pas le choix d’aimer ou de ne pas aimer cette œuvre, le mouvement dionysiaque fait que chaque son constitue une émotion différente qui emporte. Les Sept Paroles du Christ de Haydn est différente à jouer, d’une forme plus rationnelle. Même si le Christ s’exprime, il s’agit de ne pas tomber dans une interprétation maniériste. A la différence du Psaume, la pièce est Apollinienne, l’une des plus difficiles à diriger, car elle n’est pas construite, à l’origine, pour soutenir du texte. Si l’on respecte ce texte, de nature Platonicienne, utopique, cela ne fonctionne pas. Les commentaires du chœur sont compliqués à intégrer. Je ne sais pas si un jour je trouverai la solution pour diriger cette œuvre en respectant l’intention musicale, tout en composant avec les paroles. Pour moi, ces 10 jours de répétition auront été les plus difficiles pour trouver l’harmonie ; Lorsque l’on songe que cette pièce a été composée à l’époque de Mozart, baroque, il est incroyable de constater à quel point elle se révèle néoclassique. »

Le public, en tout cas, est entré en communion parfaite avec l’intimité de ces compositeurs, et la sacralité de cette alliance admirablement coordonnée, entre chœurs, solistes, et instrumentistes. Soirée céleste.

Une interview entre Henri Chalet et Leonardo Garcia Alarcon complète ces propos, à retrouver sur www.orchestredechambredeparis.com

www.notredamedeparis.fr

Chœur de la maîtrise de Notre-Dame

Oratorio de l'Orchestre de chambre de Paris à la cathédrale Notre-Dame

#Oratorio de l'Orchestre de chambre de Paris, Cathédrale Notre-Dame, introduit par le recteur archiprêtre, en présence de Bertrand Delanoë, sous la direction du chef Leonardo Garcia Alarcon#Oratorio de l'Orchestre de chambre de Paris, Cathédrale Notre-Dame, introduit par le recteur archiprêtre, en présence de Bertrand Delanoë, sous la direction du chef Leonardo Garcia Alarcon
#Oratorio de l'Orchestre de chambre de Paris, Cathédrale Notre-Dame, introduit par le recteur archiprêtre, en présence de Bertrand Delanoë, sous la direction du chef Leonardo Garcia Alarcon#Oratorio de l'Orchestre de chambre de Paris, Cathédrale Notre-Dame, introduit par le recteur archiprêtre, en présence de Bertrand Delanoë, sous la direction du chef Leonardo Garcia Alarcon
#Oratorio de l'Orchestre de chambre de Paris, Cathédrale Notre-Dame, introduit par le recteur archiprêtre, en présence de Bertrand Delanoë, sous la direction du chef Leonardo Garcia Alarcon#Oratorio de l'Orchestre de chambre de Paris, Cathédrale Notre-Dame, introduit par le recteur archiprêtre, en présence de Bertrand Delanoë, sous la direction du chef Leonardo Garcia Alarcon#Oratorio de l'Orchestre de chambre de Paris, Cathédrale Notre-Dame, introduit par le recteur archiprêtre, en présence de Bertrand Delanoë, sous la direction du chef Leonardo Garcia Alarcon

#Oratorio de l'Orchestre de chambre de Paris, Cathédrale Notre-Dame, introduit par le recteur archiprêtre, en présence de Bertrand Delanoë, sous la direction du chef Leonardo Garcia Alarcon

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Chaumard Julie 19/03/2015 13:06

Merci madame pour la photo de ma fille avec ce grand chef!

Julie

Kévorkian 20/03/2015 10:52

Le hasard fait parfois bien les choses ! C'était un concert magnifique, sous la direction de ce chef si vibrant