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Publié par isabelle kévorkian

Pige dans "Service Littéraire" n°66, octobre 2013 : Roy Lichtenstein

Roy Lichtenstein au Centre Pompidou

Des galeries avec une bande dessinée exponentielle. Les commentaires fusent : « Waouhhh, il est twes sexist et matchist cet awrtist ! Rrrigarrrde commenthe il youtilise la femme blaonnnnde, cooomme une crruche sans cerrrvelle ! ». Pâles héroïnes de série télévisée sans dialogue ni décor. Le cliché de la blonde parfaite : « Oh, Jeff… I love you too… But… ». Le personnage masculin se plie à la règle du jeu. Poupée Barbie au masculin : Ken. Il formule ce genre d’onomatopées, dans de grandes bulles : « I can see the whole room ! … And there’s nobody in it ! ». Roy Lichentstein détourne : tel est sa vision de l’art. Il utilise Mickey, Donald et Disney. Des « Waouh », « Waam », « Los », « Crack », « Bratatata » et des « Splash », comme dans une chanson de Gainsbourg. Des femmes fatales, qu’il aurait dû laisser à Hitchcock. Trop de figures tutélaires, trop de références et d’emprunts. Des cahiers de composition, des poubelles, des miroirs sans reflet, des bustes, des paysages qu’il réinterprète. Des toiles de Matisse et de Picasso, qu’il délave, leur ôtant sel et âme pour y adjoindre des couleurs primaires, des points rouges qui ressemblant à des boutons de varicelle, et de gros traits de pinceaux. Peu avant sa mort, il s’aventure dans une période zen. On retrouve le pop art assurément, et des influences cubistes, classiques, post-modernes et romantiques. Roy Lichtenstein se qualifiait ainsi : « Je serais plus un classique qu’un romantique ». Il est surtout prétentieux. A l’image de cette toile gigantesque, intitulée « The Ring », avec un anneau de fiançailles. Un solitaire éclatant de mille feux. Look at the Ring ! La vérité si je mens…

Roy Lichtenstein. Un parcours chronologique et thématique, jusqu’au 4 novembre au Centre Pompidou. www.centrepompidou.fr ou 01 44 78 12 33

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