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Publié par isabelle kévorkian

Pige dans "Service Littéraire" n°64, juillet-août 2013 : Keith Haring, the Political Line

Keith Haring : Pour une justice sociale. Telle est l’orientation de l’exposition consacrée à cet artiste révolutionnaire, icône des années 80. Keith Haring était avant-gardiste et ses thèmes prennent sens aujourd’hui, plus de 20 ans après sa mort. Du rouge et du jaune purs, des formes naïves, un trait de crayon unique et universel, des symboles hypnotiques (le chien qui aboie, le dollar, des appareils photos, la foule…). Autant de signes distinctifs pour illustrer ses luttes (contre le racisme, les discriminations, l’homophobie, les différences et l’indifférence, les drogues, la dictature du pouvoir, la société de consommation et l’aliénation qui en résulte, le nucléaire…). Il avait pris le parti de ne pas titrer ses œuvres, monumentales, plaçant ainsi le spectateur au cœur de sa résistance, l’associant, le rendant acteur des changements sociétaux qu’il imaginait. A travers ses bâches, graffitis à la craie, fresques, vasques ou masques gigantesques, ses croquis formant de petites histoires comme des dessins animés, et en utilisant des supports urbains (métro, murs…) et des musiques assourdissantes, il replaçait l’individu au cœur de la société frénétique, pour le faire réfléchir. Adhérer à ses œuvres, s’identifier aux personnages anonymes qu’il dessinait revenait à s’engager. Visiter l’une de ses expositions relevait d’un acte politique et citoyen, démocratique. Manifester dans la rue aujourd’hui parait bien dérisoire, et dévoie le sens des causes à défendre. La dernière toile de Keith Haring, exposée au musée d’art moderne de la Ville de Paris, est inachevée. Comme un défi : Qui sera le successeur de Keith Haring ? Qui saura responsabiliser les peuples, les fédérer pour davantage de liberté et d’égalité ?

Keith Haring, the Political Line, jusqu’au 18 août, au musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 16ème, et au Centquatre, 19ème : www.mam.paris.fr ; ; www.104.fr

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