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Publié par isabelle kévorkian

Elle s'en va
Elle s'en va

« Elle S’en Va » (1h53), Emmanuelle Bercot

Avec Catherine Deneuve, Camille, Gérard Garouste, Némo Schiffman, Claude Gensac, Mylène Demongeot…

Irrésistible Catherine Deneuve ! Si rock’n’roll… Dans « Elle s’en va », elle plante l’auberge familiale qu’elle gère avec sa mère dans une commune près de Concarneau. Un jour comme tous les autres. Soudain, en cuisine elle étouffe et part. Sans prévenir. Sans but. Coup de tête ? En apparence. Une nécessité ? J’y crois davantage. Elle roule, s’enivre dans un bar paumé, couche avec un jeune looser qui la drague farouchement et qui la fait rire aux éclats : « Vous avez l’étiquette sur la cadeau », siffle-t-il en soulignant son collier (son prénom sur une chaîne). Deneuve a l’alcool gai. Elle s’encanaille et cela semble l’alléger tout autant que nous. Elle est sans cesse en quête d’une clope, et chaque cigarette l’entraîne dans une nouvelle rencontre qui l’ouvre aux autres, la libère. Cela m’a rappelée le récent « Oh Boy » en noir et blanc, film dans lequel le héros cherche désespérément à boire un café, mais le sort s’acharne. Point de café pour notre héros Berlinois, qui, à l’instar de Deneuve erre. En revanche beaucoup de déboires, contrairement à Bettie. Le prénom de Catherine Deneuve dans le film –comme quoi ce prénom correspond aux héroïnes audacieuses qui jouent leur va-tout. Dans le cas présent l’issue sera positive et réjouissante (mais c’est Bettie et non Betty, ceci expliquant cela ?).

La première cigarette offerte est roulée par un vieux paysan (touchant). Il tasse le tabac dans une mince feuille qu’il peine à terminer, tant ses doigts sont déformés par l’arthrose. Deneuve s’impatiente : « On s’en contentera ! », lance-t-elle, agitée, comme en manque. On s’agace avec elle.

Notons la présence de Claude Gensac (la mère de Bettie), toujours aussi mordante. Le lendemain de la fugue de sa fille, elle avertit les gendarmes, la police, alerte les amis, panique pour sa fille de soixante ans qui a découché. Camille, la fille dont Bettie s’est peu souciée, en actrice est étonnante : elle s’empare de son personnage, elle l’incarne avec foi. La scène de la tirade à sa mère, au téléphone, est un régal. Son fils Charlie est poignant et vivant, rempli d’affection, de turbulences et de joie. Quelques subterfuges pour faire avancer l’intrigue auraient pu être évités. Ils ont une vertu : retrouver la voix et la malice de Mylène Demongeot. Un Gérard Garouste charmant.

Ce film fait du bien. Ne serait-ce que pour les fous rires communicatifs de Catherine Deneuve et son ivresse de vivre.

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