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Publié par isabelle kévorkian

Mon boss littéraire, François Cérésa (je pige pour « Service Littéraire », le magazine libertaire qu’il a fondé en 2007 et qu’il dirige) est un type cynique et impertinent. Brusque parfois. Déjà à l’adolescence : « Quand elle a comparé les étoiles aux yeux des dieux, la mer aux larmes et la pluie à leurs baisers, j’ai trouvé ça niais », écrit-il dans son nouveau roman « Sugar Puffs ».

Provoquant, il fait évoluer son magazine avec photos et couleurs tandis qu’au cinéma le cinéma muet en noir et blanc cartonne !

Ecrivain subtil, classique et audacieux, plusieurs fois primé, défrayant les critiques. Il a imaginé une suite aux « Misérables » de Victor Hugo avec « Cosette ou le temps des illusions » et « Marius ou le fugitif » qui lui a valu un procès gagné ;  Il a réécrit les « Dix petits nègres » d’Agatha Christie situant l’action dans un immeuble de dix voisins dans « Petit papa noël ». Il est reconnu comme héritier vertueux de Céline ou de Proust, de Fitzgerald notamment avec son tendre roman : « Les Moustaches de Staline ».

Gastronome notoire également : suivez ses conseils dans « Le roman de la Bourgogne » ou « Le petit roman de la gastronomie » récemment couronné du prix Archestrate, sous le haut patronage du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation ainsi que du Ministère de la Culture et de la Communication. Vos papilles se réjouiront !

Mais au-delà du culot et de l’éclectisme, François Cérésa n’est rien d’autre qu’un Sugar Puffs sucré et mielleux. « Il n’est pas difficile d’être aimable, j’ai compris cela sur le tard », avoue-t-il, toujours dans son nouveau roman sensible et nostalgique. Il poursuit : « Un jour, un vieil amis niçois m’a dit qu’il fallait se persuade d’être de bonne humeur dès le saut du lit pour m’être toute la journée. »

Je songe à Louis Nucéra, sa poésie et son romantisme un peu désuet, car il y a de cela dans les romans de François Cérésa.

« J’aurais dû profiter un peu plus du passé ». Dans son dernier opus, il en profite de son passé et nous y entraîne avec délice. En dépit de toutes les références littéraires, cinématographiques, picturales qu’il sème avec talent et qui élèvent un peu, son roman n’est pas lourd : il nous illumine, comme si nous aussi nous sortions désormais de l’enfance puis de l’adolescence –puisque tel est le sujet de « Sugar Puffs ». C’est léger et doux, sincère. « La réalité, selon elle, ne se trouvait pas dans les romans. Chacun son expérience, chacun sa douleur. Les choses vraies, c’est la vie. La vérité, c’est la douleur. Le reste, c’est du baratin ».

Bref, ce roman-là est celui de notre entrée dans la vie, de nos souvenirs, de nos souffrances dépassées, de nos premiers émois, de notre liberté gagnée. Il nous rajeunit et ça fait du bien.

Sugar Puffs, François Cérésa, éditions Fayard, 18,90 », 289 pages.

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