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Publié par isabelle kévorkian

Au grand palais en cette fin d’année, vous avez le choix. Découvrir le travail prolifique de « Edward Hopper », qui créé le Buzz. Pour briller en ville, il faut avoir parcouru la désolation et l’ennui qui émanent de ses peintures, les grands espaces américains et ses mises en scènes figées, les détails quotidiens et des moments improbables (une bonne sœur poussant un landau dans une large avenue américaine déserte, une femme de ménage qui époussette dans une chambre d’hôtel impersonnelle), ses personnages aux masques effrayants, et sa muse glaciale à la peau marmoréenne. Aucun mal à imaginer des vies creuses et banales, tapies derrière les fenêtres de ses manoirs isolés et de ses stations essences lunaires (seul le maître Hitchcock a su écrire une fiction terrifiante et peu ordinaire en s’inspirant de Hopper). A vous d’imaginer la vie qui se cache dans chacune de ces œuvres, derrière chaque fenêtre, à l’occasion de cette rétrospective unique.

Ou réchauffez-vous, vagabondez, laissez-vous happer par la vie de « Bohèmes », au pluriel, pour découvrir à la fois les tsiganes les bohémiens les gitans, et les artistes. Errez, profitez, échangez. Avant votre voyage, la diseuse de bonne aventure vous mettra en garde, vous éclairera ou vous dépouillera. Après La Zingarella, vous croiserez des personnages au destin hors du commun, chiffonniers et saltimbanques anonymes sur les routes d’Europe, depuis le moyen-âge. Empruntez l’escalier somptueux comme à l’Opéra, vous croiserez Esméralda, Carmen, Franz List, Verlaine et Rimbaud…. Vous relirez Hugo et Zola. Resterez ébahis par la richesse des toiles éloquentes et lumineuses, Cézanne, Courbet, Manet, Renoir, Toulouse-Lautrec, Watteau, Henri Regnault, Le Caravage, Georges de la Tour… Dans les rues de Montmartre, chaussez vos godillots sans lacets, et en compagnie du chat noir, faites halte au café, poussez la porte d’un atelier de peintures, une mansarde. Baroque et sensuel. Beautés farouches et libres. Poésie. Un univers mythique et romantique. « La bohè-me, ça voulait dire on est heureux…. », chantait Aznavour.

 

 « Bohêmes » et « Edward Hopper », respectivement jusqu’au 14 et 28 janvier, dans les galeries nationales du Grand Palais, Paris 8ème.

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