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Publié par Isabelle Kévorkian

C’est l’histoire d’une bretonne, avec sa coiffe du Finistère nord, sur son vélo. Elle est de Lesneven (le cloître) ou Guisseny (la plage), de Rostrenen (le bar), de Brignogan (en concert), ou de Brest mêm’. Une bretonne du bout du monde. Sur la grève, personnage central du premier album solo écrit et composé par le musicien breton Gaël Duro : « Tu vois l’tableau ». Cette héroïne emblématique, que ne l’on connaît que de dos, silhouette inspirante, muse musicale, comme sortie d’une légende bretonne, revient en janvier. Au cœur de ce deuxième CD façonné par Gaël Duro : « Mâle ». Un album entièrement autoproduit en mode participatif, pour lequel Gaël Duro est parti « en campagne » de l’Armor à l’Argoat. L’une de ses chansons sibyllines ou à double sens, en onomatopées et clins d’œil, signe sa démarche convaincante : « Le candidat » a obtenu les soutiens suffisants pour aboutir ce nouvel opus solo, qui sortira en distribution le 19 janvier chez Coop Breizh.

Gaël Duro est aux commandes, intégralement : il écrit, compose, interprète, rédige son dossier de presse, créé son site internet, négocie ses partenariats, réussit sa diffusion digitale en attendant le CD physique, choisit les photos pour la presse, décide du titre-phare n’en déplaise aux formats stéréotypés des radios. Ce sera « De l’ombre à l’oubli », comme un signe : suivre son instinct pour accomplir son destin. Car, en vérité, Gaël Duro est en train de glisser de l’ombre à la lumière, cette luminosité onirique, entre nuages et soleil messagers, entre ciel et mer d’Iroise. Le bouche à oreille fonctionne : l’artiste vient d’être sollicité par une troupe amateur et « Ma bretonne » composera l’interlude d’une création théâtrale !

 

Il faut dire que Duro est un nom aussi symbolique qu’une silhouette de bretonne « Sur la grève », en région Bretagne. Gaël est issu d’une famille de musiciens qui ont su accommoder le folklore local à l’air du temps. Dès 1979, de rares et précieux enregistrements sur vinyles permettent d’entendre les voix de ses grands-parents et, plus tard, son père à la bombarde et la clarinette. Gaël Duro de son côté a débuté au piano enfant, avant « d’agripper la basse et le pied de micro » s’enthousiasme-t-il. Avec son frère, en 1996, il créé un groupe : Gwenc’hlan qui remporte en six mois le premier tremplin des Jeunes Charrues et les voilà propulsés sur la scène de Carhaix. Ça a commencé sans ambition particulière, par plaisir : 10 concerts programmés dans les festivals régionaux. Le groupe et cette épopée celtique totaliseront quelque 800 concerts sur toutes les scènes européennes ! En 2010, Gwenc’hlan propose de faire un break. Gaël en profite pour se remettre au piano, seul. Quatre ans plus tard : « Tu vois l’tableau » ? Un premier album à textes. À peine sorti, « Ma bretonne », titre central est repéré et restera plus d’un an en playlist sur les ondes. Gaël Duro le décrit mieux que quiconque : « Un piano bastringue et rock, un lit de mélodies accrocheuses, des textes qui font mouche ; Saupoudrez d’une bonne dose d’humour ». Sa recette fonctionne toujours autant, plus aboutie, plus virile, pas moins taquine : « Mâle », aux sonorités électro-jazz, une couleur reggae en filigrane.

 

La presse le compare à Serge Gainsbourg pour ses sous-entendus coquins : « Le jardinier » qui arrose « ta » rose ; À Vincent Delerm pour ses petites subtilités d’observateur poétique du quotidien : « L’ennui » qui raconte cet homme Azerty. D’aucuns entendent de petites pépites facétieuses : « La Villardière » qui n’ont rien à envier à Philippe Katerine. Bien sûr la référence à Christophe Miossec semble faire consensus. Un autre breton qui sent arriver, dans le souffle du vent : « La Déferlante », et qui peut bien s’échouer, il n’en restera pas moins amarré. Un marin, solide, tendre et rugueux. Quelques notes d’Albin de la Simone aussi, de petites anecdotes qui rappellent la variété française d’Anne Silvestre. Vous voyez ? Ce genre d’atmosphère-là, ces nouvelles qui évoquent chacun de nous, avec humilité et dérision, avec l’estime et le goût des autres. Certes, il serait facile de lui revendiquer toutes ces influences et d’en rester là. Ce serait une erreur car Gaël Duro a sa propre identité musicale, sa propre poétique, son sens de la transcription d’une réalité douce ou cruelle, des petites ironies de la vie, de ses plaisirs et de ses vicissitudes. Gaël Duro partage des mélodies pures, des chroniques intimistes, une voix romanesque et son authenticité et en cela, il est unique. Un mâle qui n’hésite pas à apprivoiser sa part féminine. Je vous fiche mon billet qu’on n’a pas fini d’en entendre parler…

 

http://gael14.wixsite.com/gaelduro

 

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