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Publié par Isabelle Kévorkian

Giorgio ArmaniLa capsule « New Normal » de Giorgio Armani

Le couturier Giorgio Armani a dévoilé sa collection capsule : « New Normal », dédiée aux femmes actives, entrepreneuses, intrépides et indépendantes. La boutique parisienne de l’Avenue Montaigne recevait pour l’occasion Marie Drucker pour partager avec d’autres femmes d’aujourd’hui, notamment le Cercle des Femmes Mécènes du Musée d’Orsay, une « expérience ». L’enseigne de luxe, conçue comme un appartement, favorise les échanges au détour d’un couloir d’une porte d’un salon d’essayage feutré et, pour la directrice du retail : « Il s’agissait de créer une atmosphère à la croisée des arts-vivants, de la mode et de la culture. D’autres marques comme Dior, à l’instar d’Armani, ont réussi à faire entrer la mode au musée, développant ainsi des liens nouveaux entre publics différents, qui néanmoins se rejoignent autour de valeurs communes et s’enrichissent mutuellement ». Giorgio Armani a proposé de partager son espace parisien pour une rencontre d’exception, une rencontre d’un soir entre femmes exemplaires, aux destins et aux choix remarquables, qui demeurent néanmoins « normales » et accessibles. Femmes "New génération". Cette série d’événements inédits sera déclinée dans les autres boutiques de-par le monde et à chaque fois, une femme qui dégage ce petit-je-ne-sais-quoi « New Normal » lèvera le voile sur son parcours professionnel et ses choix de vie. Ce vestiaire original et casual, qui empreinte à celui de l’homme, se conçoit de manière atemporelle. Il s’adresse à toutes les femmes de caractère, dans le mouvement, souples aux évolutions sociales et sociétales, qui ont su conquérir leur liberté et leur confiance en elles. Si cette série démarre à Paris, ce n’est pas le hasard ! L’homme d’affaires italien est très attaché au patrimoine architectural de la France, en particulier ses musées et cette soirée, organisée en partenariat avec le musée d’Orsay apporte une dimension symbolique à l’intention : donner aux femmes une occasion d’échanger, de se croiser, dans un lieu inattendu, entre mode et culture.

 

esquissePeter Lindbergh et Margot Van Huijkelom

Pour parfaire ce parti-pris, la boutique a accroché une série de photographies du photographe Peter Lindbergh en noir et blanc. Les modèles sont prises au naturel, sobres et sans artifice, elles révèlent une authenticité qui n’a rien à voir avec un apprêt trop étudié. Elles sont elles-mêmes, "New Normal" : Peter Lindbergh réussit à saisir leur vérité à la manière d’un Van Gogh. Le peintre a influencé le photographe qui est allé jusqu’à s’installer en Arles pour s’imprégner de l’atmosphère qui l’a entourée, afin de transmettre, à son tour, une image vivante et éternelle des femmes. Pour la directrice du retail : « La responsabilité du photographe est de libérer la femme de la jeunesse et de l’image, de la perfection ; La femme est une force vive et invincible ». Dans cet appartement chaleureux et convivial, la dessinatrice Margot Van Huijkelom s’est glissée au cœur des femmes invitées, pour réaliser des esquisses en temps réel. Présence insoupçonnable pour refléter une certaine idée de cette liberté armanienne : "New Normal". Reflets de femmes dans l’air du temps.

 

Marie Drucker

Que l’on ne s’y méprenne pas. Résumer la jeune femme à son patronyme serait une erreur : elle incarne la femme « New Normal » farouchement libre, déterminée, conquérante. « Lorsque l’enseigne m’a contactée pour venir raconter mon ‘parcours’, je me suis questionnée : ‘Donc, j’ai un parcours ?’ ; J’y ai réfléchi et finalement je me suis aperçue que oui, c’est le mien et j’en suis fière ! Un parcours, ça commence quelque part et ici, au sein de la boutique parisienne Giorgio Armani, cela fait sens de venir le dérouler, le partager avec vous. Giorgio Armani a su donner une place et une image à la femme : il a permis de dire que nous étions femmes, avant tout. C’est peut-être là que commence mon parcours. Je suis née femme. Ensuite, comme Giorgio Armani, j’ai développé un amour pour Paris et pour la France, ce pays qui a accueilli mes grands-parents. La famille de ma mère, exilée, venant d’Europe de l’Est et Centrale. Du côté de la famille de mon père, j’ai été confrontée à l’illettrisme. C’est à partir de cet héritage que j’ai construit mon parcours autour d’une quête permanente, un absolu : la liberté ! »

New NormalMarie Drucker a prononcé le mot qui la caractérise : la liberté. Elle ne veut dépendre de rien ni de personne. Elle a su très tôt, sur les bancs de l’école où elle se sentait prisonnière, qu’elle serait actrice de sa propre vie. Elle séchait les cours, cela ne l’a pas empêché d’obtenir son baccalauréat et de poursuivre des études de journalisme. Sa curiosité, son regard sur le monde ont été déterminants, bien davantage que son nom qui, cependant, la remplit de fierté. Sauf que, contrairement aux apparences ou aux clichés, s’appeler Drucker et recevoir ce métier –journaliste en dot, s’est révélé à la fois un moteur, un frein et finalement une chance. "Pour prouver ma valeur, j’ai dû contourner les difficultés, prendre des chemins de traverse, les plus complexes ; J’ai travaillé plus que d’autres peut-être, pour dépasser les idées reçues : s’appeler Drucker aurait pu m’ouvrir les portes de la facilité, je n’ai pas opté pour ce choix. A l’origine, je suis JRI, reporter de terrain, avec cette volonté d’informer et un sens de l’engagement au service de cette information, au plus près de l’actualité. Je regrette aujourd’hui que des médias comme twitter annoncent cette actualité et que les chaînes n’envoient plus de journalistes de terrain au cœur des événements pour les relayer avec neutralité, objectivité, impartialité. L’évolution du métier de journaliste, en partie lié aux événements du 11 septembre, m’a percutée : 'Est-ce que tu as toujours ta place en tant que journaliste ?' Je me suis posée la question, j’ai réfléchi aux conséquences si je décidais de quitter ce métier que j’ai exercé pendant 22 ans. 'Est-ce que tu as les moyens de rompre avec ce métier et le confort qu’il t’apporte ? Moyens intellectuels, financiers, à tous points de vue' : j’ai tout passé en revue. Et j’ai estimé que oui, c’était le bon moment pour me retrouver en accord avec moi-même. Si je suis journaliste, j’ai toujours été tentée par la créativité, notamment la réalisation de films. Mon premier documentaire « Détenues » sur France 2 a rencontré son public et j’ai été convaincue : c’était le bon moment, j’étais au bon endroit. J’ai démissionné de partout, j’ai rendu ma carte de presse, j’ai su que cette rupture, c’était maintenant, j’étais prête. Je ne l’ai annoncé à personne, je ne voulais pas être influencée, écouter les conseils des uns et des autres, que le fait d’être femme soit considéré comme un prétexte, et je me suis dit : ‘Il se peut que tu aies raison contre tout le monde’. Ça a été ma chance, ma force. J’ai convoqué la part de masculinité en moi, je me suis écoutée, je me suis faite confiance ». Marie Drucker a créé sa propre de société de production de films-documentaires sociétaux (elle travaille aujourd’hui autour de l’enfance précoce), elle espère accompagner des auteurs, forte de son expérience et de son réseau et, à présent, si sa vie professionnelle est moins facile, elle est pleinement en phase avec sa personnalité et la liberté qu’elle n'a jamais cessé de revendiquer.

 

Giorgio Armani

Cercle des Femmes Mécènes du Musée d'Orsay

 

Comité MontaignePour prolonger l’errance « New Normal » et libre sur l’Avenue Montaigne, le Comité Montaigne lance l’inauguration des sapins de créateurs, à l’occasion de la « Christmas Montaigne ». Dès le 18 novembre.

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