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Publié par Isabelle Kévorkian

Les Sciences du Crime
Les Sciences du Crime

Les sciences du crime avec L’IRCGN

Une salle est consacrée à l’exposition temporaire : la reconstitution d’une scène de crime conçue avec l’IRCGN. Une structure qui revendique son indépendance technique et financière, pour se consacrer au justiciable, au pénal (magistrats, enquêteurs, policiers, gendarmes, ministères). Apparu dans les années 1980 (affaire du petit Grégory) dans une logique d’investigation criminelle, le STICG (1987) -Section Technique d’Investigation Criminelle de la Gendarmerie devient en 1990 l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale, composée de près de 300 experts qui interviennent en France comme à l’étranger. Il est question de « criminalistique », de Police Technique Scientifique (PTS) et de sciences forensiques.

L’exposition permet d'endosser à la fois la casquette d'enquêteur et celle d'expert : chaque détail, chaque hypothèse, le moindre détail diabolique peut être signifiant. Il va s’agir de figer la scène du crime ou de matérialiser l’infraction grave, d’identifier et de protéger, de prélever les indices, de les préserver, de les transporter en vue de les exploiter. Une chaîne qui va permettre de comprendre les faits, à partir d’un contexte et selon une cohérence d’ensemble. Quatre départements coopèrent : empreintes digitales, anthropologie hématomorphologie, médecine légale odontologie, faune & flore forensiques. Sur 700 dossiers traités par an (en moyenne 2 cadavres sont découverts par jour), 80% sont identifiés grâce à l’ADN, essentiellement pour la Gendarmerie. L’IRCGN s’appuie sur des technologies de pointe comme les drones aujourd’hui ou l’ingénierie numérique, et va jusqu’à breveter certains de leurs outils d’identification (microscope électronique à balayage d’optique, drone ou un concept de traçabilité d’ADN sur site), ce qui leur permet d’orienter les recherches et répondre aux besoins du témoin, après avoir analysé les plus infimes résidus. Loin de tout mysticisme, il est question de physique-chimie, d’observation, de comparaison, en référence au « principe d’échange de Locard ».

Edmond Locard, docteur en médecine formule le postulat selon lequel « La vérité est que nul ne peut agir avec l’intensité que suppose l’action criminelle sans laisser des marques multiples de son passage ». Les fameux indices. Cela renvoie à la théorie des germes de Pasteur « On ne voit qu’une poussière de points brillants (…) à peine visibles ». L’IRCGN résume son action en 3 mots-clés : démontrable, réfutable, mesurable. Parmi les dossiers sensibles : le terrorisme, les affaires de faux-papiers, les cambriolages. L’IRCGN réalise des examens scientifiques et des expertises, des projections opérationnelles y compris des aides à perquisitions, l’identification de victimes même à l’international en lien avec le ministère des affaires étrangères, de la recherche appliquée et expérimentale, et de la formation. Vous voulez rejoindre les équipes, à Pontoise ? Vous devrez être sportif et faire preuve d’une santé morale et physique à toute épreuve avant d’intégrer l’école des Officiers à Melun pour des études de sciences, avant la production et l’expertise. Bien entendu avoir une déontologie et une éthique irréprochables. L’IRCGN est régulièrement auditée, par le comité français d’accréditation (hommes, produits chimiques) et eux-mêmes assurent des audits de laboratoires européens ou échangent des avis de compétences sur certains sujets, notamment avec des pays en développement. Ils fournissent également des prestations de conseil, notamment pour la série R.I.S. Plus d’infos ? Suivre en ligne leur page Facebook et leur site.

Une exposition qui vise à sensibiliser tous les publics, même les enfants accompagnés, avec un livret pédagogique. Merci au capitaine Elinor Boularand, directrice du musée de la Gendarmerie et commissaire des expositions, au chef d’escadron Grégory Briche (pôle judiciaire, IRCGN) et au colonel Patrick Touron qui dirige l’IRCGN.

Jusqu’en avril 2017 au musée de la Gendarmerie Nationale

Les Sciences du Crime : l'IRCGN et le musée de la Gendarmerie Nationale
Les Sciences du Crime : l'IRCGN et le musée de la Gendarmerie Nationale
Les Sciences du Crime : l'IRCGN et le musée de la Gendarmerie Nationale
Les Sciences du Crime : l'IRCGN et le musée de la Gendarmerie Nationale
Les Sciences du Crime : l'IRCGN et le musée de la Gendarmerie Nationale

Les Sciences du Crime : l'IRCGN et le musée de la Gendarmerie Nationale