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Publié par Isabelle Kévorkian

M Train, Patti Smith
M Train, Patti Smith

M ... comme Merci, Patti Smith

Est-ce qu’elle est Patti, la Smith ?

Une errance contemplative où la reine du rock écrit sur rien avec élégance.

M … comme Mind « ou les déambulations de l’esprit, un vagabondage sans intrigue, et l’on voit où il nous conduit », explique Patti Smith. M ... comme Modiano, qu’elle relit en ce moment, elle est fascinée par les univers « en expansion continue, à la manière d’une série. L’on retrouve certains personnages d’un livre à l’autre, cela créé une continuité ». Cette même intention sous-tend l’écriture de « M Train ». Patti Smith a revisité sa vie en dix-huit stations, à partir du présent, de « qui je suis aujourd’hui », façonnée par ses rencontres : « Burroughs m’a appris la dignité et la prestance ; Ginsberg l’étude, lire la poésie et la compassion ; Shepard l’improvisation et le courage, et Fred Sonic Smith, l’homme de ma vie, l’amour ». Elle nous entraîne dans une errance contemplative, sur tous les continents, de cimetières en café, avec toujours en main un café. M ... comme Moka. Patti Smith prouve à quel point elle incarne la parfaite liaison entre la littérature française, au sens de Camus : une patrie, entrelaçant temps réel et fiction. Cette littérature soignée et de qualité qu’elle revendique à travers Genet, Sarrazin, Rimbaud son seul « French boy friend », et le rock’n’roll américain. « M Train » est offert au public, et à Sam Shepard qui lui lance un défi onirique : « Ecrire sur rien ». Ce n’est pas facile, mais Patti Smith y parvient avec élégance.

M Train, Patti Smith, aux éditions Gallimard. 260 pages illustrées de Polaroïds, 16,50 euros.

Chronique à retrouver dans Service Littéraire