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Publié par Isabelle Kévorkian

Léonard de Vinci, la traversée des Alpes
Léonard de Vinci, la traversée des Alpes

En octobre 1516, François 1er recevait Léonard de Vinci à Amboise, pour le nommer « premier peintre, architecte et ingénieur du roi ». Le roi avait invité le peintre en septembre, disons le 21 : il y a 500 ans jour pour jour ! C’est le départ d’une traversée à travers les Alpes en 41 étapes, de Rome à Amboise.

L’exposition, prodigieuse et remarquable, raconte l’épopée, l’itinéraire et l’arrivée de Léonard de Vinci en France ; elle offre aussi une entrée privilégiée dans son atelier. Elle est conçue autour de 3 axes : la relation du peintre emblématique de la Renaissance avec deux de ses élèves autour de La Joconde, Saint Anne et Saint Jean-Baptiste ou des portraits croisés (le Christ Rédempteur, Leda, Madonna) ; l’itinéraire légendaire reconstitué, avec la contribution du musée du Louvre et de la BNF ; deux œuvres majeures de Léonard de Vinci : « La Scapiliata » (provenant du musée de Parme, Complesso della Pilotta) et « François 1er reçoit les premiers soupirs de Léonard de Vinci » (prêté par le musée du Petit Palais, Paris-Musées). Au total : 10 tableaux sont mis en scène et se font écho, révélant la beauté, la technique, la science, le savoir-créer de Léonard du Vinci, et l’osmose artistique qui caractérise la France et l’Italie. Sur le plan historique, la reconstitution précise du trajet est proposée. L’on apprend que le Mont Cénis constitue la frontière franchie par Léonard de Vinci dans sa route vers Amboise.

La mise en espace est épurée et moderne, s’inscrivant néanmoins dans la splendeur de cet hôtel particulier de la Rochefoucauld-Doudeauville, d’une richesse incomparable. Le parti-pris de l’agence AWP qui a réalisé ce travail, a consisté à associer nature, art et technologie grâce à des structures linéaires et géométriques supportant des pièces uniques, sans symétrie particulière, au cœur d’un contexte originel : cette ambassade, dont le siège est situé au Palais Farnese, qui abrite aussi l’Ecole française de Rome.

L’exposition témoigne ainsi d’une diplomatie culturelle entre ces deux pays. D’une part, il s’agit de célébrer le génie de Léonard de Vinci et de fêter son arrivée en France dans un haut lieu de la diplomatie, à travers une exposition singulière et flamboyante ouverte et gratuite au public. D’autre part, il est intéressant de comprendre les liens privilégiés et généreux entre le maître et ses élèves : Giangiacomo Caprotti di Salai et Francesco Melzi, conservateur incomparable de tous les carnets de dessins et de croquis. Une formation sans clivage, fondée sur 3 dimensions en interaction : la technique, l’art (la peinture étant alors considérée comme le premier des arts) et la science. Les esquisses et peintures présentées suggèrent ce « paradis de l’art et du savoir ».

« La Scapiliata » tient une place d’honneur, ultime reconnaissance de la beauté, de l’intériorité et de la psychologie féminines. Visage idéal de la femme, cheveux aux vents, libre et éthérée, véritable introspection de l’âme humaine.

Le système muséal italien s’est uni aux musées parisiens pour permettre cette exposition, avec le concours de partenaires privés : les assurances Générali (1er assureur italien et 3ème français), l’entreprise Finmeccanica-Léonarda et le groupe de luxe Prada. Le catalogue de l’exposition, œuvre d’art, est publié aux éditions Skira qui relance son siège parisien. Cette lecture offre des clés de compréhension de toutes les dimensions artistiques et scientifiques de cet extraordinaire voyage.

Catalogue « Léonard en France : le maître et ses élèves 500 ans après la traversée des Alpes 1516-2016 », éditions Skira, 416 pages dont 120 en couleur, cartonné, bilingue, 52 euros, auprès de Fouchard-Filipi communications

Exposition ouverte au public jusqu’au 20 novembre 2016, à l’Ambassade d’Italie, 47 rue de Varenne.

http://www.ambparigi.esteri.it/ambasciata_parigi/it

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