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Publié par Isabelle Kévorkian

Le Normandie 1935
Le Normandie 1935

Le paquebot Normandie

Le 29 mai 1935 le paquebot Normandie, considéré comme le plus beau paquebot du monde, effectue sa traversée inaugurale depuis le port du Havre jusqu’à New-York. La Compagnie Générale Transatlantique (C.G.T. ou French Line) a mandaté les chantiers navals Penhoët à Saint Nazaire pour en assurer sa construction, dès les années 1920, après avoir signé avec l’Etat français en 1912 une convention (la compagnie créée par les frères Péreire à Granville construira également le paquebot France).

Le Normandie va devenir l’étendard de la flotte française et un symbole de la puisse du pays, rivalisant avec les marines britannique et allemande. En 1838 une nouvelle récompense prestigieuse : Le Ruban Bleu, est remise au Normandie pour avoir effectué la traversée la plus rapide entre l’Angleterre et les Etats-Unis, devançant les bateaux Queen Mary et Bremen. Il bat le record de plus de 10 heures, avec une vitesse moyenne de 19,9 nœuds. Aucun autre navire français n’obtiendra le Ruban Bleu.

La Première Guerre Mondiale et la Grande dépression retardent pourtant le chantier. Les premiers essais ont lieu le 11 mai 1935, avant sa première traversée de l’Atlantique, 18 jours plus tard. Jusqu’au dernier moment les travaux de peintures et d’aménagement des cabines s’achèvent. Le paquebot appareille enfin, à 18h30, devant une marée humaine. L’épouse du président Albert Lebrun, marraine du paquebot, est accompagnée des écrivains Colette et Blaise Cendrars, du maharajah Kapurthala, du reporter Pierre Dumas, de l’actrice Valentine Tessier, de Madame Cartier, de l’académicien Claude Farrère, de l’armateur Louis Dreyfus parmi les personnalités artistiques, culturelles et politiques.

Le Normandie affiche des dimensions extraordinaires et des chiffres qui donnent le vertige : 314 mètres de long, 56 mètres de haut, douze ponts, une vitesse maximale de 32 nœuds, une puissance de 160.000 chevaux, 300 salles de bains, une capacité de 1972 passagers, 1345 membres d’équipage. A son bord : plusieurs restaurants et salles à manger, une chapelle, un salon, des boutiques, un salon de coiffure, un stand de tir, un théâtre et un cinéma, un chenil, une piscine, une bibliothèque, une salle de ping-pong, un jardin d’hiver, une rampe de lancement pour un hydravion.

Jusqu’en 1939, le paquebot Normandie assurera 139 traversées. Le 6 septembre, après la déclaration de guerre qui a été formulée trois jours plus tôt, le bateau est désarmé à New-York puis réquisitionné en avril 1941 lorsque les Etats-Unis entrent dans le conflit mondial. Le 10 février 1942 un incendie fait chavirer définitivement ce joyau de la flotte française.

L’exposition : photographies de Roger Schall

L’exposition, à la galerie Argentic, consacre l’un des photographes de reportage iconique des années 1930, Roger Schall, témoin de son époque. Plus de 150 couvertures, un fonds d’archive de 80.000 négatifs, le congrès de Nuremberg, le Jubilé de la Reine d’Angleterre, la parution du livre « Paris sous la botte des nazis », préfacé par le général de Gaulle. Ses clichés sont repris par tous les magazines en vogue de l’époque : L’Illustration, Life, Match, Paris Magazine, Vu. C’est précisément ce dernier hebdomadaire d’information illustrée français, créé par Lucien Vogel en 1928, qui commande à Roger Schall la couverture de l’épopée du Normandie, depuis sa construction jusqu’à son triomphe à New-York le 3 juin. L’exposition réunit une série inédite de photographies de l’événement, démonstration du génie, de l’élégance et de la grandeur de la France. Les images en noir et blanc reproduisent avec acuité cette flamboyance et retracent le soin apporté à la construction, la fierté des passagers et de la foule en nombre. Parmi les marques célèbrent, sponsors ou mécènes du bateau, citons Dubonnet, Lauer, Leleu, le Printemps, Ruhlmann parmi une liste incomparable et glorieuse.

Cette exposition revêt une importance singulière pour moi. Mes grands-parents maternels, brestois, étaient représentants de la marque Dubonnet. Quand à mes grands-parents paternels, arméniens d’Asie Mineure : après avoir fui le génocide et leurs terres, ils ont contribué à l’essor de la Manufacture des Tapis de Cogolin, sous l’impulsion par Jean Lauer. Ils arrivaient de Ouchak et de Kütahya, réputés pour les tapis, la céramique, la poterie et la couleur. Ils sont mis leur savoir-faire au service de la France. Ce sont eux qui ont tissé les tapis incomparables qui continuent d’orner les sols des plus grandes institutions : Le Palais de l’Elysée, La Maison Blanche, le Mobilier national, et autrefois les paquebots France et Normandie.

Le Normandie ​1935 : Le voyage inaugural. Photographies de Roger Schall. Galerie Argentic, Paris. www.argentic.fr

Le Normandie 1935
Le Normandie 1935
Le Normandie 1935

Le Normandie 1935

Tapis pour Le Normandie 1935 : La Manufacture des Tapis de Cogolin

Tapis pour Le Normandie 1935 : La Manufacture des Tapis de Cogolin

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