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Publié par Isabelle Kévorkian

Perceptions, Aiat Fayez
Perceptions, Aiat Fayez

Je commence ce dimanche par une série de billets consacrés à "Perceptions", une pièce de l'auteur francophone Aiat Fayez, mise en scène par Danièle Meyrieux ... De quoi s'agit-il ...

Danièle Meyrieux

« Jouer, c’est saisir dans sa vie quotidienne les infiltrations les plus subtiles du théâtre de la vie ; C’est dans son corps, dans sa langue, dans une pensée qui se construit en situation. C’est l’au-delà de la répétition ». Pour Danièle Meyrieux, comédienne (Conservatoire de Lyon et Paris, dans la classe de René Simon, cursus Actors Studio avec Andres Voutsinas et en parallèle cursus d’études théâtrales à la Sorbonne nouvelle), mais aussi metteur en scène, professeur d’art dramatique et oratoire et « coach » en Médiation Singulière (avec Dominique Lecoq au CNAM). Elle a fondé et dirige la compagnie « Le Toucan Théâtre » pour un théâtre social et sociétal, autour de la transmission et la quête de l’identité par l’oralité. Les deux piliers de sa démarche sont l’écoute et la voix « l’organe de l’invisible ».

« Toute transmission est à la fois une répétition et une innovation pour celui qui la découvre ». Ses thèmes de prédilection : l’étranger, l’exil, l’adaptation aux changements, le lien (symbolisé par cet oiseau sociable et équilibré : le Toucan) : « Mon travail est une perpétuelle quête de liberté, pour quitter un passé parfois encombrant, se révéler flexible et souple ». Etrangement… ce sont les thèmes de la pièce de l’auteur francophone Aiat Fayez : « Perceptions ».

Aiat Fayez

Aiat Fayez, romancier (édité chez Editions P.O.L. depuis 2009), et auteur de théâtre (Editions de l’Arche), adopte une écriture ciselée et corrosive qui développe notre sens critique, éveille nos consciences. Philosophe de formation, chroniqueur pour le quotidien Libération, il a structuré « Perceptions » autour d’une multitude de points de vue pour éviter toute forme de jugement, offrir une … une perception multiple, qui touchera le plus grand nombre.

« Dès qu’on connaît la langue de l’autre, dès qu’on comprend l’autre, on n’est plus tout à fait étranger. On est chez soi sans être chez soi. La condition d’étranger est écorchée. Et dès qu’elle est écorchée, elle devient ambiguë. L’étranger habite alors la frontière », explique-t-il.

« Perceptions » aborde le déracinement non sans recul ni lyrisme. Dans un pays où le chaos s’est imposé, une mère hésite à envoyer son fils en Europe. Elle imagine ce voyage clandestin, depuis le départ d’un fils dont elle remet la vie aux mains d’un passeur, jusqu’au bout du chemin qui comportera des obstacles à franchir. Elle n’en occulte aucun, chacun étant représenté par une femme voilée. Aucune de ces femmes n’a de prénom, et toutes sont cachées sous une burqa. Il s’agit de A, A’, A’’ et B : elles sont vous, elles sont nous, elles représentent le péril et l’espoir, la différence et les similitudes des hommes, leurs contradictions et ce qui les assemble, leur intimité, leur ambition, leur quête intérieure. La burqa symbolise toute cela, l'assimilation de nouveaux repères. Est-elle si ténébreuse qu’elle en a l’air ? C’est ce que la pièce révèlera. Le voile, peu à peu, va laisser place au sens de ce voyage, aux doutes et aux chagrins, et peut-être, à la fin, à un soi apaisé, qui a trouvé la liberté.

« Il ne sait pas qu’une valise représente le passé et le futur. Il ne sait pas que sans elle, il ne pourra pas s’asseoir, se stabiliser, reprendre ses forces en pensant aux malheurs du passé, et aux bonheurs du futur ». Extrait de « Perceptions »

Emigrer : Qu’emporter ? Que sélectionner dans une valise au moment du départ, vers un ailleurs inconnu ? Que devient l’essentiel ? Que laisser derrière soi sans se retourner ? Que retenir, que l’on sera certain de ne pas retrouver là-bas. Ces fragments qui, assemblés à ceux d’autres nationalités, constitueront une nouvelle identité et affirmeront la diversité d’un pays d’accueil. Entre réalité et onirisme, passé et futur, dangers et monde idéalisé, « Perceptions » rappelle la valeur du présent et de l’action. Quoi de mieux qu’un spectacle-vivant, où le corps exprime l’intention de chaque mot, pour traduire l’envol, comme un Toucan déploie ses ailes.

La création artistique de « Perceptions » fait l’objet d’une opération de financement participatif, pour une série de représentations dès la rentrée prochaine.

#TousAuThéâtre : Pour soutenir cette initiative, et devenir l’une ou l’un des coproducteurs, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :

https://www.kisskissbankbank.com/creation-theatrale-perceptions-de-l-auteur-aiat-fayez

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