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Publié par Isabelle Kévorkian

Musique sacrée à Notre-Dame
Musique sacrée à Notre-Dame

Il ne reste qu’une soirée, exceptionnelle au cœur de Paris, et c’est ce soir !

Qu’importent les blocages, l’essence, la loi travail, la paralysie d’un pays entier, un dialogue qui a cessé d’exister, un policier décoré et promu alors qu’il faisait juste son travail, ceux qui sont debout ou assis, le chômage. Qu’importe, oui, au moins le temps d’une soirée.

Parce qu’il est extraordinaire d’oublier tout cela un instant.

Bien sûr, tout le monde ne pourra pas en profiter, mais si vous ignorez quoi faire ce soir, si vous en avez la possibilité, si vous êtes dans les parages, s'il vous reste un peu d'essence, un ticket de métro, n’hésitez pas. Mélomanes ou pas. Religieux ou athées. Vous serez saisis, tous, par surprise. Et ces temps-ci c’est un luxe à ne pas négliger.

L’Orchestre de chambre de Paris, sous la direction de l’Archiprêtre de la Cathédrale magistrale, qui ambitionne de démocratiser la musique, est programmé à Notre-Dame. Au programme le Cantique de Jean Racine, composé par Gabriel Fauré ; le Credo de James MacMillan et le Requiem de Gabriel Fauré. L’ensemble est dirigé par le chef John Nelson, les chœurs adultes par Henri Chalet et enfants par Emilie Fleury, avec la présence de Matthew Brook, basse-baryton et Claire Macé, soprano de la Maîtrise de Notre-Dame de Paris.

Une œuvre, pour commencer puissante et percutante, qui transmet l’énergie volcanique de ce compositeur écossais engagé qu’est Mac Millan, dont les œuvres instrumentales sont placées sous des références spirituelles chrétiennes. Ce Credo consolident une foi intime et évoquent en trois parties le Père, le Fils et le Saint Esprit.

Quant au Requiem de Fauré : il s’agit d’une musique sacrée bien mystérieuse, dont l’orchestration proposée est l’originale, telle que l’a écrite le musicien. Créée alors que Fauré était maître de chapelle à l’église de la Madeleine, cette œuvre a pour vocation de transcender la mort. « Mon Requiem, on a dit qu’il n’exprimait pas l’effroi de la mort (…) », aurait exprimé Fauré. En effet, il est perçu comme « une délivrance heureuse » ou l’accompagnement d’une âme, jusqu’à destination.

Il vous reste une soirée pour accéder ainsi au … Paradis espéré, sous la lumière qui filtre jusque dans la Nef de la Cathédrale de Notre-Dame pour écouter l'Orchestre de chambre de Paris.

« Que le chœur des anges te reçoive, et qu’avec Lazare, jadis si pauvre, tu connaisses le repos éternel ». Et d’un coup, on entre en communion avec les défunts, ceux qui nous portent, quelles que soient les circonstances, et les barrières tombent. Même David Bowie au soir de son décès a trouvé l’apaisement aux côtés de Lazare.

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