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Publié par Isabelle Kévorkian

Georges Desvallières
Georges Desvallières

En prologue, La Grèce, huile sur toile reprise sur l’affiche, constitue la clé d’entrée : l’incarnation de l’histoire à travers des figures terrestres et spirituelles. Les œuvres exposées font écho aux sculptures de Maillol ou Bourdelle, au « Nu masculin » scénographié à Orsay, ou aux expositions consacrées à Robert Mapplethorpe au Grand Palais et musée Rodin. L'expo démarre par une salle biographique (épée d’académicien, pièces prêtées par la famille). Car la vie intime de Georges Desvallières, artiste discret, est mêlée à son œuvre : la peinture relève d’un engagement personnel. S’ensuit une série de portraits (sa femme-complice Marguerite, sa fille Sabine) et d’autoportraits monogrammés. La signature d’un peintre bourgeois et moderne : citadin proche de la nature, qui rappelle Manet. Ses représentations en pied incarnent des sujets dans leur environnement, et révèlent une présence vivante. Puis Desvallières étudie les corps : esquisses, dessins et nus au pastel. Peinture décorative pour une période profane. Il s’attache au monde idéal, tout en étant conscient de la difficulté de la vie, s’apparentant au courant symboliste. Transition : la couleur devient sa marque, les corps sont glorifiés, comme sa Naïade. On retrouve son goût pour la danse, la grâce et la culture antique. L’année 1903 marque une étape. Salle carmin après un séjour à Londres. Il y a du Baudelaire dans l’air, aux côtés de femmes énigmatiques et des choses de la rue. Un discours social et sociétal compassionnel, distant, sans complaisance érotique. La Guerre constitue la véritable rupture chez Georges Desvallières, qui s’adonne à une peinture christique monumentale, notamment en hommage à son fils Daniel, mort au front. Loin de toute foi convenue, il se consacre désormais à Dieu, au Christ Sacré, à la Sainte Trinité, à la Passion, au sacrifice avant la renaissance. Des toiles cosmogoniques, composées de séraphins, de chevaliers, de tiares et de croix. Des tapisseries de commande. Une esquisse aux dimensions inouïes constitue la note finale et glorieuse de l’exposition : Adam et Eve quittent le paradis, Saint Georges terrasse le dragon, la Vierge éclaire le chemin. Cette exposition se lit comme ce poème de Byron « Les sentiments d’une âme errante », à travers une peinture éblouissante.

Georges Desvallières : Jusqu’au 17 juillet. Au Petit Palais, avenue Winston Curchill. www.petitpalais.paris.fr