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Publié par Isabelle Kévorkian

Persona, Etrangement humain
Persona, Etrangement humain

Persona -Etrangement humain, Chamanes et Divinités : Esprits, êtes-vous l'art ?

La première exposition anthropomorphique de l’année, sensorielle et émotionnelle, propose une lecture du contrat relationnel et social entre l’Homme et différents types d’entités. Une relation respectueuse de l’autre dans la durée, qui n’oppose pas matérialisation et dématérialisation, hommes et robots, animaux ou végétaux, puisque 80% des objets connectés sont considérés comme des personnes (cailloux, esprits, réceptacles d’esprits compris). Quelle que soit la civilisation ou la culture. Le statut ontologique de ces entités n’est pas nié : leur vertu réside dans la source de connaissance et de plaisir qu’ils procurent, les expériences que ces artefacts produisent, la nécessité de reproduire et décliner des formes variables, pour en mesurer l’attractivité sur l’homme, le pouvoir de domination ou de révélation. Une relation qui n’en est pas moins ambiguë : illusoire, répulsive ou empathique. L’histoire de cette relation commence dans le désert avec le mythe de Saint Antoine et ses visions, se poursuit dans des lieux d’enfermement qui provoquent des hallucinations, avant de se concentrer sur les projections d’un esprit en quête de sens. Un espace permet de plonger dans le cosmos, et un lien intime se créé avec l’immensité de l’univers. Les Japonais disent au revoir à leur maison lorsqu’ils partent travailler, chaque matin, accordant soin et importance à son identité protectrice, et le musée du quai Branly a recréé une maison témoin pour vérifier la valeur artistique et organique d’un lieu. Le propos se dessine et notre sens critique s’affirme à mesure que l’on avance dans la Vallée de l’étrange, que l’on croise une robotique pointue qui gouverne, les animaux avec lesquels l’on entretient une conversation, ce buddha qui s’anime à une vitesse hypnotique, la pieuvre géante et ses tentacules qui figurent les ramifications d’une société aliénante, l’échange en ligne que l’on développe avec le programme Eliza, premier du genre. La frontière avec la science-fiction est ténue. Monde meilleur ou pire des mondes ? Lorsque l’on quitte l’exposition, l’on se prend à discuter avec les statues du quai Branly, le trottoir qui longe le musée nous interpelle, la ville nous adresse la parole, le ciel communique. Une exposition transhumaine et introspective, qui rappelle le pouvoir de questionnement de l’art sur la condition humaine, le statut de la personne et ce qui nous environne.

Poursuivre cette relation particulière entre les forces de la nature et les entités surnaturelles grâce à l’exposition Chamanes et Divinités, qui explore la période allant de 500 ans av. JC à 500 ans ap. JC, la plus éloquente du Chamanisme dans le monde andin. Présence attestée, le Chamane conduit la société : être fondamental, prêtre et homme politique. Il coordonne les cultures, les récoltes, la santé, les énergies, il guérit et reconnaît le pouvoir des plantes et leurs effets hallucinogènes, portes vers l’au-delà, il communique avec la nature, les animaux –dont chacun symbolise un pouvoir particulier, le cosmos, et fait parler les objets. L’exposition propose deux axes de compréhension : le savoir et le faire (savoir-sacré), pour tendre vers l’harmonie.

Au musée du quai Branly. Respectivement jusqu’au 26 avril et 16 mai. www.quaibranly.fr

A retrouver dans Service Littéraire et en ligne

Chamanes et Divinités

Chamanes et Divinités

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