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Publié par Isabelle Kévorkian

L'Horizon à l'envers
L'Horizon à l'envers

Dix-septième roman de Marc Lévy, où il est question de mort, d’amour, de foi et de résurrection. Lorsque l’on connaît la portée du numéro 17, l’on peut se poser quelques questions. La Torah complète, comprenait à l’origine 17 livres, et s’appuie sur une dimension orale éloquente. Or la force de ce roman réside dans les dialogues, l’oralité vecteur de transmission. Le ciel est divisé en 17 couches célestes. L’arcane 17 symbolise la mutation, la renaissance. Un numéro cosmogonique. Selon Saint Augustin, le 17 représente le « sacrement », et rétablit l’harmonie après les luttes. Le déluge dure 17 jours avant que l’Arche de Noé ne s’échoue au mont Ararat, un 17, à 17.000 pieds d’altitude. Le psaume le plus court de la Bible est le 117, 17e livre : « Dans mon angoisse j'ai crié vers le Seigneur, et lui m'a exaucé, mis au large (….), Non, je ne mourrai pas ! (…) » : il est question d’éternité. Le 17 exprime l’espoir, Hope, la protection. Dans la Rome Antique, ce numéro signifiait « J’ai vécu » dont l’anagramme indique « Je suis mort ».

Il est possible de poursuivre longtemps la liste, qui résume à elle seule le sujet de ce roman. Il est aussi possible de la terminer avec ce parallèle audacieux. Shakespeare a écrit 17 comédies, au XVIIe siècle. Marc Lévy, vient de publier son 17è ouvrage, une comédie romantique contemporaine et visionnaire. Dans ce nouvel opus, il est question de rétablir un équilibre parfait, à toute vitesse. Le 17, est aussi et enfin synonyme d’un appel d’urgence, et l’histoire qui est racontée rappelle la nécessité de vivre de toute son âme, une existence ardente et passionnée. Publier ce billet le dimanche des Rameaux, qui célèbre la Passion, s’impose pour toutes ces raisons.

L'histoire

Un roman en deux temps : celui de la vie, de l’amour, de la mort. Celui de la résurrection. Josh, Luke et Hope sont de brillants universitaires. Ils travaillent en secret au développement d’un projet visant à « mapper » la mémoire, l’exporter comme les données d’un disque dur, l’archiver de manière à pouvoir la transplanter plus tard. Josh et Hope s’aiment, très vite et très fort. Mais Hope est atteinte de violentes migraines, et bientôt une tumeur est diagnostiquée. Hope est condamnée : elle va mourir. Et si elle se portait volontaire ? La première à tenter la cryogénie de sa mémoire ?

Quarante ans plus tard, Melly, une pianiste d’exception, se retrouve à l’hôpital suite à un effroyable accident. Après un long coma, le corps médical lui implante la mémoire que ses parents avaient décidé de stocker, souscrivant au protocole. Car entre temps, le travail du trio a abouti. Sauf que … lors de la transplantation mémorielle un bug se produit. Fortuit ? Quelles en seront les conséquences ? S’agit-il bien de sa propre mémoire ?

La mémoire

Qui refuserait de retrouver sa mémoire intacte, après un épisode tragique ? Avec l’assurance qu’aucune de ses données, constitutives de son ADN, son identité, sa singularité, son unicité, ne soient effacées ? Marc Lévy, qui se prête bien volontiers aux interviews explique ce pari fou : « Repousser rapidement les limites de la vie, transférer notre conscience. Il existe d’ailleurs un programme doté de 1 million d’euros par la Commission Européenne pour réfléchir à une telle opportunité ! Car la mémoire est un filtre formidable ! Elle permet de se référer ». L’idée de départ est audible et vraisemblable, d’ailleurs Marc Lévy reprend : « La liberté du romancier est de ne jamais avoir peur de l’impossible. Tout est possible, il suffit de l’imaginer ». Il cite Barjavel, qui l’a conforté dans cette position, sur le fond et sur la forme, en particulier pour « les romanciers sans genre, comme moi », mais aussi Victor Hugo, pour la liberté, dont il a repris une citation en exergue, Romain Gary pour l’amour, et Jack Kérouac pour la vitesse.

Marc Lévy

Marc Levy explique s’être inspiré d’un fait divers, point de départ du roman. Un couple s’aimait passionnément. Elle découvre qu’elle est atteinte d’une tumeur au cerveau, mais à aucun moment elle n’a peur de la mort. Ce qu’elle craint plus que tout, c’est d’être séparée de l’homme auquel elle a consacré sa vie. Il fait d’ailleurs référence à ses parents, unis soixante années, et reprend une citation de son père : « L’amour, c’est la rencontre de deux donneurs ». Marc Lévy ne revendique aucune construction ou structure particulière, il écrit avec ses tripes, sa démarche n’est pas réfléchie, plutôt instinctive : « J’entre en écriture », précise-t-il. Il définit l’enjeu : « Que raconte cette histoire ? », en délimite les contours et se fixe un cap, comme le Phare de Cape Code. Il n’exclut pas de se perdre en cours de route, de dévier, comme le vent qui emporte. Pour « L’horizon à l’envers », il s’est immiscé entre Josh, Luke et Hope pendant près de quatre mois, à temps complet, jusqu’à la publication qui a coïncidé avec la naissance de sa petite fille…

Il étaye d’une anecdote : « Un petit garçon est fasciné par un sculpteur qui reçoit un bloc de marbre. L’artiste se met à l’ouvrage, et le petit garçon repasse le voir quelques temps plus tard, avisant un homme taillé sur un cheval. La sculpture est achevée. Le petit garçon fasciné demande : Comment savais-tu que c’était un cheval ? ». Marc Lévy s’inscrit dans cette dynamique : « Travailler pour que l’idée s’exprime », et de toute évidence il appréhende son métier avec bonheur : « Je travaille dans la joie, il s’agit d’un processus vivant, j’entame une conversation avec mes personnages. D’ailleurs, je vous avoue … je suis tombé amoureux de Hope, et de ce trio, je me suis laissé embarqué par l’histoire ».

Marc Lévy vous regarde dans les yeux, pour expliquer son intention : « Je voulais raconter l’histoire d’un grand amour ». Il contextualise cet amour au cœur d’un monde merveilleux, d’une imagerie du bien, pour « libérer l’homme de la violence, cette partie régressive de la condition humaine ». Pour ce faire, il s’invente son Clair de Femme, qui lui donnera envie d’aimer. Il défend une « Intention de paternité. L’humanité est libre aujourd’hui et peut devenir apocalyptique. Je refuse de me projeter dans cette idée du mal, qui a priori se vend mieux. Je veux rendre visible l’extraordinaire ».

Marc Lévy est simple, humble et lumineux. Il ne planifie pas. Il ne s’écoute pas parler, ne se regarde pas écrire. Il se laisse photographier, il sourit, il dédicace, il s’émerveille devant les cupcakes aux couleurs de son nouvel Horizon, disposés pour les journalistes lors de la séance de presse. Il va jusqu’à les prendre en photo : « Pour mon fils, c’est extraordinaire, il n’en reviendra pas ! ». Il exhale sa part d’enfance. Il est fier de sa réussite, lui qui n’a pas réalisé de prouesses scolaires. Marc Lévy, c’est aussi une certaine idée de l’élégance. Il cite sa fascination pour Gary Grant. Marc Lévy est dandy-cool.

S’il devait définir son métier ? « Transmettre de l’espoir, de l’harmonie et du raffinement. C’est une chance inouïe de vivre plusieurs vies, de se nourrir, de se forger une telle galerie de portraits ». Marc Lévy raconte des histoires, sans façon, sans frontière, par passion.

"L'Horizon à l'envers", aux Editions Robert Laffont / Versilio, 399 pages, 21, 50 euros.

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