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Publié par Isabelle Kévorkian

La Terre en Colère
La Terre en Colère

La #COP21 à peine terminée, saluons une initiative vertueuse en faveur de la sauvegarde de notre planète et du vivre ensemble. Destiné aux enfants, plus réceptifs et attentifs, meilleurs prescripteurs auprès de leurs aînés, « La Terre en Colère » entend faire réagir grâce au chant et aux notes de musique. En douceur ? Utopique ? Pas si sûr…

Un spectacle plus engagé qu’il n’y paraît, et sous les mots simples et les dessins naïfs, au sens noble, le propos est éloquent et sensibilise. La mobilisation est encore timide, mais Joanna Marteel fait preuve d’endurance. Elle a compris, il y a longtemps déjà, que ce sont eux, les enfants, ses élèves, qui, demain, proposeront les solutions pour une planète respectée, redevenue accueillante, tolérante et humaniste.

Joanna Marteel

Originaire du nord, Joanna Marteel enseigne le piano, le chant, le conte-musical et le solfège dans les centres culturels de Rueil-Malmaison depuis près de vingt ans. Elle est aussi pianiste-concertiste et compositrice. Une musicienne accomplie, qui s’épanouit davantage à travers la pédagogie, dont elle ne cesse de réinventer l’essence, qu’en récital. Elle adapte son enseignement aux causes sociétales, et aux préoccupations des élèves, plutôt qu’à travers des préceptes formels et rigides, parfois rebutant. Les élèves deviennent ainsi des musiciens en herbe (fort à propos), acteurs enthousiastes d’un projet musical : ils comprennent ce qu’ils interprètent et composent. Les notes deviennent des mots, les partitions des contes, et leur imaginaire saupoudre cette approche concrète de la musique et du chant.

Joanna Marteel s’engage en particulier auprès des plus petits, 4-5 ans, et décline sa méthode jusqu’aux adultes. Si elle assure la promotion de son spectacle « La Terre en Colère », elle n’en oublie pas ses projets latéraux : enregistrer un CD avec « ses enfants », comme elle les appelle, prof-maternelle, autour des … doudous. Elle a travaillé dix poésies avec des élèves d’école maternelles, de CE1, CE2, illustrés en aquarelle, dont elle a composé les mélodies. Au nounours rapiécé, succède un oreiller, une peluche, une tétine. Les couleurs sont pastels, on retombe en enfance avec tendresse. Joanna Marteel organise aussi des stages de piano pour des élèves, musiciens ou non, en centres de loisirs ou culturels, d’une semaine. Un défi : au bout des 7 jours, le groupe est en capacité de se produire sur scène, il a construit ensemble des musiques, a appris les tonalités, les arrangements possibles, les airs résonnent juste. Elle compose également pour des auteurs reconnus, et se produit en concert autour du monde, accompagnant l’extraordinaire tournée du conte-musical « Alice au pays des merveilles », imaginé par le pianiste-interprète-compositeur Florent Nagel.

Spécialiste des spectacle-musicaux pour enfants, elle a co-signé le projet #lanouvelleolympe, sur la responsabilité d’adopter un animal. La campagne de financement participatif pour commercialiser le CD dans sa version acoustique piano-voix, et en proposer une approche pédagogique et civique est encore ouverte pour quelques jours sur Kickstarter.

Le Terre en Colère

« La Terre en Colère » constitue l’un des sujets qui accapare Joanna Marteel, sensible à la nature. Sa fibre artistique et créatrice, elle a décidé de la mettre au service de notre planète. Il y a une petite dizaine d’années déjà, Joanna Marteel suffoque : surpopulation, surconsommation, surconnexion, surmenage, surcharge, surchauffe. Elle s’informe, on entend beaucoup parler de « développement durable », mais que cache ce vocabulaire institutionnel ? Joanna Marteel se documente, reprend des textes qui déjà mettaient en garde, dans Starmania, des chansons de Louis Chédid, de Bernard Lavilliers. Elle décide d’écrire ses propres textes sur le sujet, et de composer des airs qui accompagneront ces propos. Elle prône la simplicité, des mots accessibles mais signifiants, des phrases courtes que l’on n’oublie pas, des assemblages de notes qui se fixent dans l’esprit. Elle raconte une histoire, en trois actes : La folie des hommes (le constat), les conséquences, les remèdes, qui ne se résume pas au seul tri sélectif. Au total, 15 chansons vont naître, et un logo. La Terre bien ronde qui fait les gros yeux, accablée démunie. Le choix des instruments est singulier, à l’image de cette terre qui manifeste son ire : aux instruments traditionnels, se mêlent des poubelles jaunes-vertes-grises. A chaque couleur sa résonnance.

Tout y passe, l’argent dévoyé, le virtuel à outrance, le temps ignoré, la pollution grandissante. Aïe, Aïe, Aïe, la Terre a mal. Quand nous serons grands, ce sera pire ? Un peu d’idées, d’observation, de bon sens commun, et la Terre peut s’apaiser. Il suffit de la considérer, elle ses champs, ses océans, et apprendre à communier avec elle, en vélo, grâce aux éoliennes, en devenant écocitoyen. Les textes responsabilisent et procurent de l’espoir.

Sur sa route, Joanna Marteel rencontre le chef Raoni qui l’encourage. Elle propose d’aller à la rencontre d’autres enfants, gratuitement, pour les initier, créer un mouvement citoyen. A l’origine, son idée était de créer des familles d’accueil « La Terre en Colère » : elle se serait rendue à la rencontre d’enfants de toutes régions, hébergée en famille d’accueil, en échange de l’apprentissage de la musique, et d’une sensibilisation musicale à la planète. Ça ne prend pas. Plus désespérant : les centres de loisirs, les écoles, les centres culturels, les mairies, les associations l’ignorent. Une démarche gratuite ? Cela ne semble pas crédible. « La Terre en Colère » n’est pas assez mercantile.

Alors Joanna Marteel répond à une invitation pour aller enseigner un an en Inde, et apaiser son dépit. Elle en revient plus convaincue encore, assure la promotion de « La Terre en Colère » et obtient bourses et trophées (Plan Local d’Aide aux Jeunes de Rueil, Prix Envie d’Agir de la jeunesse et des sports, Prix coup de cœur de la fondation Hulot, et trophée de l’environnement de la ville de Nice). Les labels crédibilisent « La Terre en Colère » et les fonds recueillis sont réinjectés dans l’organisation de stages pour enfants (Dunkerque, Nice, Belle-île-en-mer, Le Mans…), et dans du matériel. Une partie des sommes reçues lui permet d’enregistrer le CD « La Terre en Colère », avec ses élèves, de le presser à 500 exemplaires (produit 100% recyclé), avec un livret de textes aux couleurs de la terre. Le vert des forêts, le bleu des mers, l’ocre de la terre. Elle persiste dans sa vision philanthropique, et décide d’offrir ce CD le plus largement possible. A sa manière, elle s’érige comme bienfaitrice de l’humanité. C’est modeste mais déterminé, et rien ni personne ne réussit à détourner Joanna Marteel de ses convictions. La promotion du CD est compliquée, s’engager et ne pas trahir ses valeurs et idéaux s’est toujours révélé à contre courant. L’Histoire l’a démontré. Joanna Marteel ne s’en préoccupe pas, elle poursuit sa petite révolution, durable.

Aujourd’hui sa plus belle récompense réside dans son rapport aux enfants, et les échanges que le CD provoque. Il révèle des rêves d’un monde meilleur, plus équitable, il débroussaille le rapport à la mort sans tabou, il rappelle les luttes nécessaires pour exister en harmonie, il donne envie d’agir, de ne plus jeter ses papiers gras et bouteilles vides par terre. Parfois cela se solde par un geste simple, qui peut paraître anecdotique, pourtant essentiel. Parfois cela débouche sur des discussions plus profondes, et des ambitions plus larges. « Moi, demain je veux faire ça toute ma vie : m’occuper de ma planète ! ».

Vidéos, verbatims et coupures de presse disponibles : ici.

Le CD est disponible auprès des écoles, des centres de loisirs, des mairies, des médiathèques, et auprès de l’association ExceptionArt, créée par Joanna Marteel pour abriter ses projets.

Extraits You Tube : le mélo du moule à gâteau ; le rap de la râpe ; reportage sur Rueil TV ou Aïe Aïe Aïe

Découvrez Joanna Marteel en interview, pour France3 nord pas de calais