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Publié par Isabelle Kévorkian

Gérard Basset
Gérard Basset

Le Courrier du Livre et les éditions Guy Trédaniel proposent cette collection originale, qui commence à rencontrer un certain succès, et s’invite un peu partout (librairies, relais H, grandes surfaces, enseignes spécialisées) : 3 minutes pour comprendre 50 notions (théories, courants, principes, faits, techniques, idées, inventions). C’est rodé, précis, clair, et puisque nous manquons toujours de temps, j’avoue que s’offrir une parenthèse de 3 minutes pour s’enrichir, c'est malin. L’ambition n’est pas de faire de nous des érudits, mais de fluidifier notre appréhension de certains sujets, nous permettre d’éviter toute méprise ou de se satisfaire de lieux communs, de clichés, de vagues exposés superficiels. Charge à chacun d’entre nous, ensuite, d’étayer, se documenter, ou pas, puisque ces livres proposent « l’essentiel » et suscitent la curiosité.http://isabelle.kevorkian.over-blog.com

Le dernier ouvrage en date est écrit par Gérard Basset, spécialiste du vin, reconnu mondialement : « L’une des quatre personnes au monde à détenir à la fois le titre de Master of Wine et de Maître sommelier », rappelle Annette Alvarez-Peters qui signe l’avant-propos. Gérard Basset, nommé « Homme de l’année 2013» par le magazine Decanter, dont je ne refuserais pas l’invitation dans les Hamptons, pour une dégustation privilégiée, si elle se présentait...

http://isabelle.kevorkian.over-blog.com

Sept chapitres, tous composés à l’identique : un glossaire, une notion développée en 30 secondes, une gorgée en 3 secondes, un verre en 3 minutes, et une iconographie qui entremêle photographies et dessins, emblèmes, cartes, peintures, blasons, allégories… Chaque page renvoie à une autre, système subtil de maillage interne version papier, et cite un contributeur ou une figure émérite, de telle sorte qu’à la fin de notre lecture, nous sommes à peu près au point, nous nous repérons. S’agissant du vin : il était temps. Commander un Chardonnay à la terrasse d’un bistrot parisien, par commodité, parce que c’est tendance ou considéré comme un vin « politicien consommé », prendra désormais davantage de sens. D’ailleurs, il se peut que ce ne soit plus du tout un Chardonnay que l’on ait envie de goûter tranquillement, mais plutôt un Pinot noir, tiens, pour « voir notre moitié à travers le verre », ou de siroter un verre de Malborough (Nouvelle-Zélande), soyons audacieux, dont le nom signifie « l’endroit avec un trou dans le nuage », évoquant cette percée ensoleillée. L’ouvrage n’occulte aucune région de l’industrie vitinicole, depuis le nord de la vallée du Rhône, qui a fait des émules en Australie ou au Chili, en Argentine, en Afrique du Sud (Syrah), ou la vallée de la Loire, « berceau historique de ce cépage » dont on apprend que la Nouvelle-Zélande (décidément) l’a élevé au rang mondial. Vous préférez un vin plus aromatique ? Adoptez le Riesling, limpide. Autant de choix que de goûts, et si vous préférez vous rendre chez votre caviste pour une soirée entre amis, vous pourrez choisir en vous rappelant l’intention. Conservation ? Consommation immédiate, plus tard entre amis ? Investissement ? Vous saurez privilégiez le bouchon en liège ou la capsule métallique, un vin sec (la majorité des vins rouges, dont la peau donne cette couleur sans alternative) ou fruité (Beaujolais : c’est le mois !), une appellation contrôlée (qui date des années 1920), un label AOC, un vin pétillant (300 millions de bouteilles de vin effervescent produites par an, aujourd’hui, en Champagne). Vous pourrez faire appel à un courtier, si vous préférez, ou un marchand de vin pour constituer votre patrimoine. « La production de vin atteindra 25 millions d’hectolitres en 2016, pour une valeur de 280 milliards d’euros (…). La compétition est féroce … » : L’Espagne rivalise avec l’Italie, la France, la Russie, la Chine, les pays émergents, l’Inde en particulier, et « Bourgogne, Californie, Champagne sont des arguments de vente essentiels ».

Après quelques considérations historiques, qui remontent aux origines du breuvage (« moyen de communiquer avec les dieux »), et des spécificités sémantiques (terroir, cépages, chai, vinification…), s’il n’est pas question de se prétendre œnologue, sommelier (« personnage magistral ») ou de rivaliser avec l’excellent Robert M. Parker et autres critiques indétrônables, vous saurez toutefois, avant toute dégustation d’un Lafite, Latour, Margaux, Chianti ou Romanée-Conti, que pour étancher votre soif il s’agira de choisir entre un vin provenant d’un climat chaud (alcoolisé, corsé, épais, fruité) ou froid (légers et délicats, pâles comme l’eau), et ensuite, de vous fier à votre palais.

Il y a la musique, il y a aussi le vin, pour affirmer notre soif résolue de vivre !

3 minutes pour comprendre 50 notions essentielles sur le vin, par Gérard Basset, 160 pages illustrées, 18 euros, éditions Le Courrier du Livre – Guy Trédaniel

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