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Publié par Isabelle Kévorkian

http://isabelle.kevorkian.over-blog.com
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2008. Premier roman publié. Fierté. J’y suis parvenue. Les blogs s’installent, blogger sera bientôt un métier mais nous l’ignorons. Je décide d’en créer un, qui accompagnera ma promotion. J’annoncerai mes dédicaces, je relaierai ce que la presse en dit. Je suis invitée à plusieurs salons, je dévoilerai les coulisses de ces événements littéraires. Je choisis Over-Blog, né à Toulouse quelques années auparavant, à partir d’une idée simple et ingénieuse : et si tout le monde avait la possibilité de partager ses histoires en ligne ?

Plus de frontière. Le fondement des médias sociaux. Le numérique fait sens et s’impose, il va s’organiser peu à peu.

Cette année-là, le mensuel papier, de l’actualité romanesque, Service Littéraire est fondé par François Cérésa : « Je n’ai qu’une patrie, la langue française ». Albert Camus donne le ton : ce média défend l’écrit. Curieuse, je le découvre et apprécie la liberté de ton. Cependant un article m’intrigue, et j’adresse une réaction à la rédaction. Laquelle sera publiée dans le numéro suivant. François Cérésa me propose de chroniquer, je lui envoie des piges, et bientôt je me retrouve chaque mois aux côtés des écrivains et académiciens qui font ce magazine culturel libertaire. Plus tard, je rédigerai aussi des chroniques culturelles pour le trimestriel d’information arménien, Azad magazine.

Je poste chacune de mes piges sur mon blog, et une régularité de publication se met en place.

Je suis retenue comme jurée de Grand Prix des lectrices organisé par le magazine ELLE puis, encore plus tard, pour le Grand prix cinéma ELLE. Un nouveau roman voit le jour, accompagnée d’une autre promotion, et un autre encore. Je blogge presque à plein temps.

2013. Je ne comprends pas l’usage des réseaux sociaux, et décide d’assurer ma propre transformation numérique. Je me forme. Facebook, Twitter, Instagram, Foursquare… Je deviens addict et découvre des réseaux chronophages, avant de réguler ma présence virtuelle. Je fais évoluer le positionnement et le rubricage de mon blog, dont les articles sont désormais directement repris sur mes réseaux sociaux. En huit mois, me voilà repérée par des agences de communication culturelles et des attachés de presse. Je deviens « journaliste-bloggeuse ». A moi les avant-premières, les vernissages, les générales, les interviews, les presse-junket. J’étends le spectre de mes écrits à tous les domaines culturels, sur Paris.

Parallèlement je poste des billets plus institutionnels, liés à mon métier de professionnelle de la communication, à des événements que je coordonne, comme le renouvellement du timbre du Quinquennat Marianne. Aux prix que je reçois dans ma carrière. Je noue des collaborations avec d’autres blogs comme celui d’ITG, de Parlons RH, reprises parfois comme sur i-Hunt ou de convictions RH, et d’ActuaLitté. Tout le monde y gagne, en référencement, en visibilité. On se retweette les uns les autres, on se like, on se partage. Tout cela prend une drôle d’ampleur.

Enfin, je tiens un second blog Wordpress, romanesque qui donne la parole à #lanouvelleolympe, elle-même déclinée sur les réseaux sociaux, et bientôt mon site-vitrine.

Un matin, une angoisse : que deviennent toutes ces données ? Si le big bang de l’an 2000 se produisait quand même, que resterait-il de ce travail, ces mots, ces angles, ces agencements, ces liens, cette sueur déployés ? Je redoute le bug.

Mine de rien, à moi seule, je coordonne un magazine en ligne depuis presque 8 ans : culture et communication. Je suis suivie, statistiques à l’appui. Ma visibilité numérique s’installe. Je trouve ma place de #geek, grâce à mes contenus à valeur ajoutée et aux passerelles que je développe. Mon maillage tient la route, comme ma renommée.

Il faut trouver une solution pour relier ma présence IRL, physique et URL, digitale.

C’est alors que j’entends parler du #Blook, le livre de son blog. Pardon ? D’autres auraient été traversés par les mêmes tremblements que moi ? Une personne, en l’occurrence : Philippe Bruno. A Bordeaux, il a créé une startup destinée à recueillir les données d’un blog, et de les agencer pour en publier un ouvrage : Blookup ; Décidément, ce sud-ouest favoriserait-il la concrétisation d’idées ?

Bien sûr, cela présente un coût.

Certes, je pourrais reprendre tous mes articles, un par un, et les imprimer moi-même. Depuis 2008, sachant que d’un rythme de publication mensuel, j’ai vite franchi le cap du billet quotidien. Combien de temps cela me prendrait-il ? D’énergie, d’encre, de papier ? Et la reliure ? L’industrialisation ? Une folie.

Je me connecte sur Blookup et décide de publier mon blog.

Quelques clics et une sélection d’articles plus tard, je suis livrée de 5 tomes de 200 pages, au format 20x27. Une couverture 300 grammes bordeaux sobre (il existe un choix honnête), et des pages lisses et blanches qui valorisent un travail d’écriture de huit ans. J’ai réussi à consacrer un tome au cinéma, un autre aux arts théâtre-musique-opéra-opérette. Un reprend mes chroniques dans Service Littéraire et Azad magazine. Un me rappelle toutes ces expositions visitées. Le dernier se conçoit comme un recueil généraliste, culture et communication, qui célèbre l’écrit sous toutes ses formes.

J’ai chroniqué presque autant de pages que le dernier pavé de Yann Moix en contient. Et moi, n’aurai-je pas droit de recevoir un prix aussi ? Le prix #Blookup, de la culture en partage ?

En attendant, la plateforme propose ces ouvrages à la vente sur son #Blookshop, et il est possible d’en consulter les premières pages en ligne. Les prix sont élevés, mais la culture se négocie-t-elle ?

Aujourd’hui la société Blookup fête ses 3 ans, et a vendu plus de 1 000 #Blooks. A suivre…

Ces Blooks sont accessibles sur le blookshop de Blookup.

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