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Publié par Isabelle Kévorkian

Amériques Terres Révées
Amériques Terres Révées

En mai, ce mois de ponts insouciants comme de petits voyages, l’Orchestre de chambre de Paris propose deux soirées d’exploration vers des terres a priori connues. Les Amériques et outre-manche au Théâtre des Champs-Elysées. Terres revisitées, en semailles pour deux soirées exceptionnelles, nous posant, auditeurs, en situation de défricheurs.

#AmériquesTerresRêvées est dirigée par Jean-François Heisser à la fois du piano et du célesta. Il indique à l’orchestre les directions vers les continents et les points cardinaux ; Vers ces terres qu’exploraient les aventuriers dès le 16ème siècle. Au programme accents Beethovéniens (on retrouve la 7ème, les variations Diabelli, même Corigliani), des résonances à Debussy et son rapport au temps, ou encore cet écho à Fellini avec le pianiste qui joue des phrases qui peu à peu s’évanouissent, comme un clown triste quitte la scène. Cela rappelle le cinéma de Mocky. Ce mix se retrouve dans la composition de Philippe Manoury #TerraIgnota pour piano et ensemble instrumental au nord-est (flûtes, violons), nord-ouest (cors, altos, violoncelles, bassons) et sud (ensembles composites). L’ensemble forme une expédition musicale aux allures de diaspora, de mixité, de sonorités et de cultures mêlées. C’est d’actualité : l’on célèbre le centenaire du génocide des Arméniens et le 8ème centenaire de l’Ordre des Dominicains aux Archives Nationales. C’est dissonant et expérimental comme le monde à découvrir, sans peur, ce monde à préserver et à sauver de toute inhumanité, et pour cela Philippe Manoury a choisi la forme sonate en perspective, à la fois rigoureuse et très peu classique. Une alliance singulière, in memoriam Karlheimz Stockhausen, qui n’était jamais satisfait. Quel meilleur hommage à lui rendre que d’imaginer une pièce musicale insondable, aux répercussions et liens avec la vie tourmentée, comme s’il s’agissait de fendre la jungle pour parvenir à un but ignoré, nous pionniers d’une scène théâtrale à réinterpréter. Un pèlerinage, poursuivi par cette apparition quasi-divine, ce cygne blanc soprano qui interprète les confessions cruelles de James Agee à #Knoxville, Summer of 1915, mises en musiques par Samuel Barber pour voix et orchestre, puis ces #OldAmericanSongs de Aaron Copland, avec un allant, un patriotisme et une ferveur d’une élégance vibrionnante. Anne-Catherine Gillet virevolte avec aisance sous la direction de Jean-François Heisser qui termine par #AppalachianSpring du même #Copland, décliné en 6 notes-tatoues. Entre-deux, le fameux Adagio de Barber, incontournable élégie pour se recueillir face au chaos du monde, et inviter à ne pas céder, à refuser les barbaries et autres massacres, à ne pas se résigner mais résister.

Le 26 mai, l’Orchestre de chambre de Paris poursuit #VudeLondres, avec la Fantaisie sur un thème de Tallis de Vaughan Williams, le "plus essentiellement anglais des compositeurs de son époque", qui arrive sur la scène britannique après 50 ans de domination politique allemande. Ce qui influence sa musique orchestrale, charpentée et massive. Puis Britten dont le "Nocturne" constitue la pièce phare du concert. A la fois prélude à la nuit et aux violences expressives. Huit poèmes enchantés, interprétés par Ian Bostridge, et ponctués par le cor anglais et les cymbales, entre autres instruments fétiches. Une pièce qui allie l'espoir de Mahler et de désespoir de Shostakovitch. Comme un insulaire expliquerait un traumatisme lié à la guerre, et ses convictions pacifistes. Des Lieds dotés d'une grande spiritualité. Purcell pour poursuivre un concert géopolitique, avec "Abdelazer ou la Revanche du Maure" en réaction à la Turquie. Des mélodies populaires et savantes mêlées. Enfin, la "Symphonie 103" de Haydn, qui préfigure la forme symphonique moderne et le quatuor, les œuvres de Schubert et de Bruckner, et même les accents de la 5ème symphonie de Beethoven. Animée selon un principe d'économie, pour provoquer une puissance extraordinaire, dûe aux roulements de cymbales.

Sous la direction alerte, flegmatique, anglaise, humoristique et élégante de Sir Roger Norrington et Ian Bostridge, ténor distingué, qui s'étire vers les cieux.

Avec le soutien de la sacem

Au théâtre des Champs-Elysées

Avec l'Orchestre de chambre de Paris

Soirée Amériques, Terres Rêvées #OCP#TCEOPERA
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Soirée Vu de Londres #OCP#TCEOPERA
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