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Publié par Isabelle Kévorkian

Nils Thornander
Nils Thornander

Nils Thornander est un artiste intriguant. D’origine suédoise, il est massif. Il ressemble à un viking. D’ailleurs, ce qu’il peint, c’est l’ordre et la puissance, au moyen de minuscules soldats amalgamés à ses toiles, ou isolés dans des excavations. Ces mêmes soldats avec lesquels il jouait enfant, qu’il a tous retrouvés au gré de ses déambulations chez les antiquaires ou magasins de jouets. Des soldats infiniment petits, qui s’agglutinent, investissent les espaces pour mieux affirmer leur rôle. Leur disposition semble aléatoire ? Plutôt protecteurs ? A vous d’en juger, face aux œuvres fragmentées en apparence, mais reliées et agencées selon un parcours singulier et néanmoins très étudié, par Nils dans son propre appartement-galerie. Nils Thornander se joue de tous les paradoxes et de tout type de matériau, pour créer à la croisée des chemins. Ses titres sont signifiants : « the heart of the system », affirme cette virilité, au moyen d’huile et de métal broyé. « Ikea boy », cet enfant qu’il fut, et cette Suède vendue en kit (qui néanmoins remporte l’Eurovision, unie pour cet événement) ; Par-delà il s’agit d’une suite de tableaux qui expriment les variations d’une identité ou la place de l’étranger. « Web 3.0 » avec ces écrans d’ordinateurs peints et boursoufflés : la sauvegarde est définitive à travers une préoccupation visuelle du son qui rend compte de la somme de données accumulées. « Light the matter » et ses panneaux lumineux aux écritures cunéiformes qui deviennent universelles selon l’angle, la luminosité, l’éclairage. Découvrez également son livre des heures : des toiles vives et radicales rattachées à une heure précise. 20h58. Voilà, ce créneau n’est plus disponible, il est reste 1439.

Il peint cela Nils Thornander : le définitif, pour mieux y réfléchir et le dépasser. Il invite à toujours plus de curiosité, notamment devant sa série de « Polar », territoires de méditation, polaires, qui figurent les aurores boréales en plus poétiques que celles que vous pouvez contempler, si vous en avez la chance, qu’il juge « ennuyeuses » ! Il transpose, matérialise, et tout est matière à.

Son identité artistique ? Les esthétiques. Une démarche engagée pour atteindre l’harmonie. Nils Thornander lutte contre les frontières, les barrages, les cloisons, les paysages décomposés, la planète meurtrie, les éléments en colère, les tabous, les préjugés. D’ailleurs son espace est ouvert et épuré, blanc et lumineux, révélant davantage ses œuvres qui, au fond, évoquent luxe calme et volupté, et une farouche volonté de rassembler. Sous les effets de l’oxydation, les pigments et fluo qu’il utilise symbolisent la fin du combat. Il bâtit avec des éléments autonomes, imagine des toiles en morceaux dont chacun contient une identité propre, et cela forme une réunion apaisante. Il nous invite à regarder de loin, « prendre du recul » au sens littéral, pour comprendre comment l’on se situe dans ce rapport à l’univers. Il n’y a plus de drapeaux de croix de religion, les soldats sont enterrés et figés, ils ne tueront plus, la paix est revenue, nous avons une place à occuper, à égalité avec autrui.

Utopiste ? Il raconte sa vision d’une humanité en laquelle il croit, à la puissance des hommes au service d’eux-mêmes et de leurs civilisations, à l’ordre qui équilibre les confrontations et autres instabilités. Pour prouver cette possible régulation, il confronte diverses techniques et le résultat est sans appel. En fin de compte, Nils Thornander est le peintre de la géopolitique, pas qu’institutionnelle. Protéiforme, il se prête à diverses formes d’expérimentations. Il croise les moyens d’expression les plus variés, et rassemble tous les domaines de la création artistique. Musicien et compositeur autodidacte : il a réalisé une performance lors d’une réception au Musée des Beaux-Arts, il a créé un livret d’opéra ou encore composé la musique d’un documentaire pour Arte sur le nettoyage des grands bâtiments emblématiques de la capitale. Il vient de réaliser la musique du premier long-métrage de Gilles Verdiani « Reception –LeFilm », bientôt sur nos écrans, pour lequel l'équipe espère une sélection aux festivals de Locarno, Venise et Sundance. Un film co-produit par la Zone Erogène, dont il est associé. Il a réalisé un travail étonnant autour de la vulve « Vulvarum et politique intérieure », qui s’appréhende en miroir, en interaction avec son travail, physique (une fille sur un fauteuil) ou littéraire (une série de mails-réponses à ELLE). Son travail est davantage sémantique que symbolique, reflet d’humeurs, et de ce qui nous entoure.

Pour visiter son appartement-galerie : sur rendez-vous en cliquant myprivateartlife@gmail.com ! Une expérience à tenter, à défaut d’investir. Méfiez-vous la durée de vie de son univers exposé, qui se renouvelle tous les 6 mois en moyenne.

Appartement-galerie Nils Thornander
Appartement-galerie Nils Thornander
Appartement-galerie Nils Thornander
Appartement-galerie Nils Thornander
Appartement-galerie Nils Thornander
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Appartement-galerie Nils Thornander
Appartement-galerie Nils Thornander
Appartement-galerie Nils Thornander

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