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Publié par Isabelle Kévorkian

Singapour en France
Singapour en France

Singapour en France, le festival : Mars-Juin 2015

En présence de son président, Jean de Loisy, de Tan Boon Huin Directeur artistique de Singapour en France – le Festival et de Khairuddin Hori, commissaire de l’exposition, l’événement Singapour en France a ouvert ses portes au public le 26 mars au Palais de Tokyo, visant à célébrer le cinquantième anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays. Un Accord de Coopération culturelle avait déjà été signé en 2009, dont l’ambition est de consolider les échanges artistiques jusqu’en 2018. Le Palais de Tokyo a inauguré cette plongée culturelle dans l’Asie du Sud-Est, un musée déjà sensible à cette région singulière du monde. L’art à Singapour se différencie à deux titres : unique dans le sens où il allie traditions ancestrales (animisme, bouddhisme…) et univers ultra-contemporains, et s’invente dans un pays sans infrastructures. Les œuvres échappent encore à toute forme de marchandisation. Les artistes, hors des systèmes traditionnels, explorent un monde qui leur est propre, en affirment l’identité au sein d’une sphère créatrice globalisée. Les œuvres présentées sont réfléchies, et portent un sens fort, parfois cruel, universel, qui invitent au silence et à la méditation. Une vingtaine d’artistes asiatiques s’expriment sur les contours d’une identité, la spiritualité, la politique, la religion, le futur. Beaucoup revendiquent une influence pop-culture, et la plupart s'inspirent de légendes pour décliner un monde tiraillé entre réinvention contemporaine et racines fondatrices. Cet arbre pour commencer, qui symbolise le pouvoir des femmes. Dans une île, ne vivent que des femmes. Tous les hommes ont été violés, seul l’un d’eux a survécu. Dans cet arbre, les fruits étranges représentent ces femmes toutes puissantes. Il y a des choix à opérer. La confusion s’en mêle, symbolisée par ce monstre mystérieux sans front ni dos. Allusion au costume que l’on croit porter. Allégorie du Paradis et de l’Enfer : que reste-t-il après la fin des temps ? La chambre rouge permet de décharger toute pensée néfaste, toute énergie négative. Une œuvre interactive pour se défouler, libérer la haine qui peut habiter chacun d’entre nous. Des vidéos de lettres traduisent les secrets de famille. Plus loin, le bateau échoué révèle le secret du voyage jusqu’à cet archipel. Archipel Secret. En face, cette fresque murale est une peinture des flux migratoires, qui reprend un verset du Coran « Dispersez-vous sur la terre » : se pose la question des richesses, et les logos Chanel, Hermès, Gucci en sont l’éloquente parabole. Une réplique de la statue de la liberté est échouée, rappelant le rôle du cinéma indépendant Philippin et l’American Dreams. Au-dessus, de petits sacs de prières, dédiés aux divinités, proposent d’émettre un vœu pour la paix dans le monde. Une pièce protestataire, activiste à laquelle font face des panneaux, comme cette blanche-neige détournée, qui évoquent le capitalisme et sa manipulation. Les sculptures en papier découpé rappellent le colonialisme. Puis le culte de l’animal est sans doute la pièce la plus forte de cette exposition : la lecture de ce que nous sommes, figurée sur des piliers blancs tous aménagés avec une partie d’un animal, un os ou une patte empaillée. Des costumes folkloriques criards, des cris silencieux, des fleurs coupées en vie, une vidéo vibrante d’émotion sur ce qui se produit lorsque l’on tombe amoureux…. On va mieux. Voilà ce que dit Singapour en France – le Festival. Se confesser, provoquer pour trouver la sérénité.

Le soir de l’inauguration, le performer Ong Keng Sen proposait un défilé particulier, composé de 12 chapitres conçus comme un mouvement circulaire, ininterrompu, revenants chaque demi-heure. Représentant la forêt, les voyages, l’éducation, le travail, le théâtre, le chant, les funérailles, la religion… Un défilé sur la vie quotidienne de chacun de nous, citoyens du monde. Un questionnement sans arrêt : qu’est-ce que la nation ? la civilisation ? demain ? la colonisation ? l’indépendance ? nos origines ? la mode ? le cinéma ? la photographie ? soi ?

On ressort de Singapour en France – le Festival en état de lévitation, entre monde réel et fantastique. Utopies et uchronies. Incarnés et dépossédés. Une exposition suspensive et karmique, qui n’apporte aucune réponse, mais propose de réfléchir à notre condition, ce que nous réalisons de nos vies, notre environnement, nos rapports à autrui, à l’argent. Il est question de l’humanité, dans ce qu’elle apporte de merveilleux et de monstrueux. Faut-il découvrir ces frontières dépassées, ces limites franchies, ces mélanges de saveurs sucrées-salées comme le rojak, pour revenir à davantage de sagesse et de sourire ?

Singapour est une cité-Etat de 5,3 millions d’habitants où l’ancien se mêle au (re)nouveau. Singapour offre le choix, et le partage avec nous. Une exposition, plus de 70 événements en France pendant toute l’année : architecture et design, art de vivre, arts visuels, cinéma, danse et théâtre, musique, résidences, happenings.

www.singapour-lefestival.com

Singapour en France - le Festival, inauguration au Palais de Tokyo
Singapour en France - le Festival, inauguration au Palais de TokyoSingapour en France - le Festival, inauguration au Palais de TokyoSingapour en France - le Festival, inauguration au Palais de Tokyo
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