Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Isabelle Kévorkian

Anouchka d'Anna
Anouchka d'Anna

La Galerie Médicis, dédiée à l'art contemporain, a réuni quatre artistes peintres et plasticiennes, pour exprimer la violence faite aux femmes, en amont d’un colloque organisé au Sénat sur le sujet, intitulé : « Enquête de reconnaissance », en partenariat avec l’Association Mémoire Traumatique & Victimologie.

Anouchka d’Anna, écrivain et peintre abstrait et figuratif, est à la fois exubérante et introvertie. Elle dénonce à sa manière les violences que subissent les femmes qui, selon elle « remontent souvent à l’enfance ». Peut-être puise-t-elle dans une expérience personnelle et intime, tant ses toiles reflètent une même petite fille qui apparaît et disparaît selon l’angle où l’on se place, qu’elle seule semble connaître parfaitement. Tantôt rebelle à la chevelure de feu, tantôt fragile, ces portraits demeurent emprisonnés derrière des pastilles multicolores et joyeuses, comme si malgré tout, l’espoir se trouvait là, pas si loin. Elle se défend de toute assimilation à de l’art-thérapie, une notion qui ne fait pas sens pour Anouchka : « Combien d’artistes violentés sont morts, suicidés, rongés par la folie, internés ? Où est la thérapie dans leur art ? ». Elle entend bien défendre son point de vue lors du colloque organisé par le Sénat lundi, dont elle espère qu’il fera progresser le sujet des humiliations et autre brutalités dont les femmes sont victimes. L’art est une forme d’expression qui permet d’interpeller, pour combattre et trouver des moyens d’accompagner.

A ses côtés deux taiwanaises. Yushin U Chang travaille sur le corps humain et ses métamorphoses à partir de fibres végétales (lin essentiellement), à l’image d’un insecte qui mue. Elle transcende le renouvellement de la vie en modelant une enveloppe corporelle mutante. Chen Meitsen, de son côté cadre les blessures et traumatismes : empiècements recousus comme autant de patchworks de peau, bandages sur des membres brisés, rouge sang comme des chairs à vif. Tout est suggéré, sans concession. Choquant et à la fois passage obligé pour entrer en résilience. Enfin Fion Gunn miniaturise la violence sexuelle dans les conflits, invasions et guerres. Dans la taille d’une boîte d’œufs, symbolique. L’œuf, comme manifeste. La petite échelle donne davantage de relief et de puissance narrative au propos.

Jusqu’au 2 mars, Galerie Medicis au 5 rue de Médicis, Paris 5ème

www.memoireetsublimation.weebly.com

www.senat.fr

Chen Meitsen

Chen Meitsen

Yuhsin U Chang

Yuhsin U Chang

Commenter cet article