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Publié par Isabelle Kévorkian

Timbuktu
Timbuktu

Drame (1h37), avec Ibrahim Ahmed, Toulou Kiki

L’extrémisme religieux. Insidieux. Pernicieux. Vicieux. Odieux. Inique. Qui s’infiltre dans les villages et au cœur des dunes, dans le désert. Qui s’empare des âmes. Qui sème la terreur, la défiance, la méfiance. Qui annihile la paix. Qui terrasse les paysages. Qui ne laisse pas le choix. Qui impose le voile. Et puis les gants, pour ces femmes qui vendent le poisson. Qui interdit de jouer. Alors les parties de foot s’improvisent sans ballon. Qui interdit de chanter. Qui interdit de jouer de la guitare. Qui interdit de rire. Qui interdit de boire. Qui interdit de s’aimer. Qui interdit de fumer. Qui interdit de rire. Qui interdit d’allumer la lumière la nuit. Qui surveille et épie. Sans relâche et partout. Cela se passe au Mali, où l’on lapide ceux qui contreviennent à tous ces interdits, que l’on juge à l’emporte-pièce.

Un film étrange et dérangeant, dont on ne sait trop quoi penser. Pas davantage que l’on ne comprend le chagrin des oiseaux (ce que signifie Timbuktu). Certes le fondamentalisme religieux, l’extrémisme musulman, le radicalisme d’une religion oppresse. D’un autre côté, l’histoire s’étire et parfois, même, les tortionnaires djihadistes sourient. A se demander quel parti le réalisateur cherche à développer, quel point de vue adopter. Le sait-il lui-même ? Un film qui dénonce et renonce. Peut-être parce qu’il n’y a plus aucune véritable option pour affronter la situation ? Un film ambigu et amer.

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