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Publié par Isabelle Kévorkian

Expo : derniers jours pour Hokusaï au Grand Palais

L’artiste japonais Hokusaï a changé d’identité à chacune de ses périodes créatrices. Ses noms d’emprunt correspondent aux étapes de son chemin dans l’art. L’exposition décline ses différentes périodes artistiques, et ce que le « maître de l’estampe » a offert à d’autres artistes, d’autres cultures, d’autres pays, notamment la France. C’est l’une des clés d’entrée: Hokusaï et la France, cette fascination particulière pour l’extrême ouest et ce qu’il a saisi de l’Océan, son écume impressionnante et impressionniste, dont « La Grande Vague » inspirera Courbet (peinture), Claudel (sculpture) et Debussy (musique). Puis l’ère Shunro, à Edo (actuelle Tokyo), où il se forme, dessine, fasciné par l‘art du Kabuki. Le style Sori évolue autour de la gravure et l’illustration. La période Katsushika Hokusaï, qui renvoie à l’étoile polaire, révèle sa pratique de l’encre de chine. Puis Hokusaï Manga le consacre dessinateur: pas moins de 3900 croquis illustrent la vie quotidienne au Japon, réunis en carnets qui constituent une encyclopédie de référence. S’ensuit la période Taito. Il a 50 ans et se consacre à la peinture. Puis il opte pour l’estampe, sous le nom de Litsu, et réalise ses œuvres les plus connues, parmi lesquelles sa déclinaison et ses métamorphoses du Mont Fuji. Enfin, Gakyo Rojin Manji, qui signifie « Vieil homme fou de peinture », le ramène à la peinture, inspiré par son rapport à la nature. La boucle pourrait ainsi être bouclée, comme un 8 parfait, puisque la nature renvoie à Rousseau et à la France. 500 œuvres rares tissent cette passerelle étroite entre France et Japon, à travers le parcours édifiant d’un homme, tout entier voué à l’art, que rien n‘aura jamais détourné, mais que tout aura su alimenter : la vie, le théâtre, la danse, la musique, le folklore, les mythes et légendes, le surnaturel, les femmes et les plaisirs, les routes et les voyages, le Mont Fuji, les éléments, les cormorans, le coq, les carpes, les pivoines. Derrière ses représentations, il y a les sentiments de l’âme humaine, qui transcendent les continents.

L’exposition est sombre, et l’œuvre du maître protégée par des vitres assez peu accessibles et dont les légendes sont difficiles à lire. Cette exposition se mérite, comme un pèlerinage dans un lieu de recueillement.

Hokusai (1760-1849), jusqu’au 18 janvier. www.grandpalais.fr

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