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Publié par Isabelle Kévorkian

Lee Sujin et son interprète
Lee Sujin et son interprète

Le cinéma coréen s’affiche ce mois-ci, dénonçant l’indicible. Après le cruel « A girl at my door », un drame de July Jung, proposé en sélection officielle « Un certain regard » au dernier Festival de Cannes, c’est au tour de Lee Sujin de présenter « A Capella », « un film remarquable à tous points de vue », comme l’a souligné à juste titre Martin Scocese.

« A Girl at my Door » de July Jung

Drame (1h59), avec Doona Bae, Kim Sae-Ron

Dans les deux cas, il s’agit d’un premier film où il est question de maltraitance faite aux jeunes filles. Lee Sujin précise, lors d’un visionnage en avant-première que « cela ne reflète pas la société coréenne contemporaine ». Il rajoute : « la violence en milieu scolaire représente moins de 5% en Corée du Sud ». Il s’agit de coïncidences. Dans le long-métrage de July Jung, Dohee intrigue une jeune commissaire mutée de Séoul dans un village rural de Corée. Pourquoi est-elle transférée ainsi ? Quoiqu’il en soit, la jeune Dohee révèle un comportement trouble, et bientôt la maltraitance de son père ne laisse plus la place à aucun doute. Young-Nam, la jeune commissaire, frêle comme un roseau, presque en retrait, va s’opposer, malgré sa voix fluette et sa silhouette de moineau, et vaincre les mauvais traitements infligés, elle va donner une force insoupçonnable à Dohee, qui va renverser la barbarie. Quel prix la jeune commissaire devra-t-elle payer pour remplir sa mission, quels risques devra-t-elle encourir pour exercer son métier, et sauver cette jeune fille ? Le film est éprouvant, et courageux. On en sort titubant, comme les deux actrices.

« A Capella », de Lee Sujin

Drame (1h52), avec Chun Who-hee, Jung In-sun, Kim So-Yung

Dans « A Capella », la musique est entêtante, et une fois entendue ne pourra plus vous quitter. Ta-la-la-la-la. Le pouvoir de la musique, une tonalité joyeuse pour accompagner le douloureux cheminent de l’héroïne, Han Gong-ju, entre passé et présent qui alternent sans séparation, presque sans état d’âme. La musique apporte pourtant les aérations nécessaires, qui permettent d’accepter la violence qui sous-tend l’histoire. Une musique en contrepoint aux souffrances et à la tempête intérieure de la jeune lycéenne. Le réalisateur a voulu dénoncer la férocité que l’on peut rencontrer à l’adolescence, en partant d’un fait divers qui remonte à cinq ans, une agression sexuelle qui l’a choqué. Son propos est de tendre vers la lumière, de raconter comment une victime outrepasse le drame subi pour construire sa vie. L’histoire commence et se termine au présent. « A Capella » propose une fin ouverte, dont on devine qu’il s’agit d’un espoir, d’une main tendue pour l’héroïne. Lee Sujin explique : « j’ai voulu raconter l’histoire d’une adolescente au pied du mur, sa réaction et celle des gens qui vont la côtoyer, c’est pourquoi il y a deux temporalités, qui avancent de manière chronologique. Le passé qui la rattrape et qu’elle devra affronter, et le présent dans sa nouvelle école, jusqu’au point de convergence. Alors : quel chemin devra-t-elle emprunter ? ». Ce long-métrage admirable, interpelle sans aucun doute.

Deux propos sans aucune complaisance, qui révèlent l’indicible. Pour veiller à ce que cela ne se reproduise jamais ? Réveiller les consciences collectives ? Provoquer pour mieux prémunir, et apprendre à pardonner après la violence poussée à son paroxysme ?

A CAPELLA de Lee Sujin

A CAPELLA de Lee Sujin

A GIRL AT MY DOOR de July Jung

A GIRL AT MY DOOR de July Jung

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artisan serrurier 25/11/2014 05:49

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.

Cordialement