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Publié par Isabelle Kévorkian

White Bird
White Bird

Drame, thriller (1h31) de Gregg Araki

Avec Shailene Woodley, Eva Green, Christopher Meloni, Shiloh Fernandez

L’année de ses 17 ans, tandis que sa féminité s’affirme et la démunit, la mère de Kat Connors disparait. Du jour au lendemain, sans un mot. Kat rentre un soir, après ses cours, et elle n’a plus de maman. Elle se retrouve en tête-à-tête avec son père, un type ahuri et effacé, pas sexy pour un sou. Si fade, dans ses larges pantalons taille haute, que l’on s’interroge : comment cette épouse, Eve Connors, interprétée par Eva Green, magnétique, d’une beauté fracassante d’un autre temps, mais aussi actrice épatante, qui passe d’une joie de vivre insolente aux ravages avec talent, comment cette épouse donc, a-t-elle pu se laisser séduire et accepter la demande en mariage de cet homme ordinaire, pataud, voire niais ? Un jeu d’acteurs troublant.

Les années passent, sans nouvelles. Cette mère s’est évaporée aux yeux de tous : sa famille, les voisins, la police qui poursuit en vain son enquête. Sa fille pourtant, ne parvient pas à se résoudre, en dépit d’une solidité de façade et d’une vie d’étudiante qu’elle poursuit avec succès. Il y a ces rêves qui la hantent : sa mère nue sous la glace qui l’appelle, c’est blanc immaculé, suffocant. Mais sa mère demeure inatteignable, et elle se réveille toujours avant d’avoir pu la toucher. Comme un fantôme, un esprit qui n’est pas en paix, qui attend la délivrance. Que signifient ces apparitions nocturnes récurrentes ? La psy de Kat lui affirme que les rêves n’ont aucun sens, contrairement aux idées reçues. Kat doute. Un jour, son ex petit-ami, Phil, son premier flirt, celui qui la raccroche au bonheur et à l’insouciance, avant que sa mère ne disparaisse, qui se montrait parfois réticent à lui faire l’amour à un âge où pourtant la préoccupation est majeure, lui révèle, éméché : Tu devrais demander à ton père, il sait où se trouve ta mère. Abasourdie, Kat s’en remet à ses meilleurs amis, qui avaient tenté de lui dessiller les yeux, déjà. Est-ce que le puzzle va s’agencer ? Sa mère revenir ? Le secret de sa disparition s’éclaircir ?

Kat, elle aussi, s’empare de son rôle avec maîtrise. En retrait et présente, sourde et à l’écoute, incarnée et désincarnée depuis la disparition de sa mère. Des qualités déjà visibles dans « The descendants » (Alexander Payne) et « Nos étoiles contraires » (Josh Boon).

White Bird : Un long-métrage claustrophobe qui repose sur une histoire à la dramaturgie respectée et un casting soigné. Peut-être parce qu’il est adapté d’un roman lui-même efficace, de Laura Kasischke, dont les sujets jusqu’à présent ne souffrent aucune mauvaise critique. Pour finir, l’histoire se déroule à la fin des années 80, l’occasion d’une bande-son qui ravira les quadras.

https://www.facebook.com/WhiteBirdLeFilm

Le film a été nominé à 7 reprises, au Festival du film américain de Deauville et au Sundance film festival 2014

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