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Publié par Isabelle Kévorkian

Valery Giscard d'Estaing, Gérard Lhéritier et Didier Van Cauwalaert
Valery Giscard d'Estaing, Gérard Lhéritier et Didier Van Cauwalaert

Ce week-end, les 3èmes #JEP2014 , Journées Européennes du Patrimoine, constituent l’un des temps forts. Pour célébrer l’écrit, Gérard Lhéritier, président de l’association Aristophil et du Musée des Lettres et des Manuscrits, fondateur de l’événement, donne accès au prestigieux Institut des Lettres et des Manuscrits, installé dans l’Hôtel de la Salle. Bâtiment somptueux qui date de 1630, l’hôtel particulier abrite aujourd’hui le tout nouvel institut, et vient d’inaugurer une galerie d’exposition, mettant à l’honneur le sulfureux Marquis de l’ombre et Prince des Lumières : Sade, ou l’éventail des libertinages depuis le 16ème siècle. Libertinage de mœurs et d’esprit, cette exposition brûlante, rouge comme la lave du volcan, nous parle d’amour, de sexe et d’érotisme, de volupté, de désir et de plaisir, de poésie, de langage et d’écrits. Elle réunit Rousseau, Baudelaire, Apollinaire, Flaubert, Eluard, Vian, De Beauvoir, Radiguet, Loti, Louÿs, Vian, Genet, Dubuffet, mais encore quelques séquences cultes de films intemporels. Belle de jour, Les Valseuses, Emmanuelle, La Grande Bouffe, Le dernier Tango à Paris, Les 120 journées de Sodome…. Le manuscrit autographe qui inspira ce dernier film est mis à disposition, la saga du Rouleau de Sade, homme et auteur dont nous découvrons le parcours, l’inspiration et l’influence, jusqu’à ce slogan de 1968 « Jouissez sans entrave », ou une vision contemporaine désinhibée.

Ce vendredi 3 octobre, l’Institut, présidé par Didier Van Cauwaleart, remettait également son Grand Prix à l’ancien président de la république, Valéry Giscard d’Estaing, pour son engagement en faveur des manuscrits. Comme l’a souligné Gérard Lhéritier, dans son discours, ce prix « consacre un homme de l’écrit, observateur engagé, dont l’action a marqué durablement la société ». Quelques initiatives déterminantes dans l’évolution de la République Française ont été rappelées, initiées par VGE : l’abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans, la dépénalisation de l’avortement, la création d’un secrétariat d’Etat à la condition féminine, la volonté de construction Européenne…

Valéry Giscard d’Estaing, digne, élégant, au regard pétillant et facétieux, non départi d’un certain humour a pris la parole se référant à Gide et son rapport au prix Nobel : « J’ai pleinement conscience de l’avoir mérité », acceptant volontiers ce Grand Prix de l’Institut et la valeur qu’il incarne. Le 20ème président de la République a précisé que « La langue était une notion vivante (…), l’expression de la culture (…), qui accompagne la société qui l’entoure ». Autant d’arguments lui permettant de préciser qu’il était « prêt à recevoir un nouveau prix dans 5 ans ». Il a poursuivi : « Dans l’écriture, la question est de savoir si l’on écrit avec la main ou une machine (…), comparer l’écriture à la peinture qui implique une relation entre la gestuelle de la main et celle du cerveau (…), qui révèle une personnalité ». Il a rappelé que beaucoup d’hommes politiques, dont le Général De Gaulle, écrivaient à la main leurs discours, car « la force de l’écriture prend racine dans notre cerveau, qui cerne le propos que l’on va tenir ». Il a enfin loué l’œuvre de l’Institut de conserver de précieux manuscrits, dans « un siècle qui s’interroge sur la culture, l’Institut des Lettres et des Manuscrits apporte une réponse ». L’occasion de retrouver l’une des dernières acquisitions : le contrat de mariage entre Joséphine de Beauharnais et Napoléon Bonaparte, qui était en vente lors du 2ème Jubilé impérial de la ville de Rueil-Malmaison, événement fondé par Patrick Ollier, député-maire de la ville des Hauts-de-Seine, labellisée « Ville Impériale » et célèbre pour avoir abrité la passion de l’impératrice de Marie-Josèphe Tascher de la Pagerie et de l’empereur.

Deux autres prix ont été décernés, l’un à Frédéric Taddeï pour son combat en faveur de la liberté d’expression et de pensée, l’autre à Memona Hintermann, symbole de la diversité républicaine. La journaliste, originaire de l’île de la Réunion, grand reporter et conseillère pour le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, le CSA, a expliqué sa fierté de recevoir ce prix, qu’elle a dédié à « ces gens qui, comme ma famille, n’avaient pas accès au livre ». Elle a souhaité partager ce prix avec les « institutrices et instituteurs qui enseignent l’amour de conjuguer le verbe être et avoir », rajoutant que « ensemble, grâce à l’éducation, l’on peut s’en sortir », émue de recevoir ce prix « sous le drapeau de la République Française, au nom de la laïcité (…). Je crois au pacte républicain, à ces deux lettres R.F. »

Elle a terminé, concluant ainsi la cérémonie, en traduisant un proverbe créole « Celui qui ne tente pas sa chance meurt ».

www.journeedeslettresetmanuscrits.fr

www.institutdeslettresetmanuscrits.fr

Memona Hintermann, Gérard Lhéritier et Didier Van Cauwalaert

Memona Hintermann, Gérard Lhéritier et Didier Van Cauwalaert

Cérémonie de remise du Grand Prix de l'Institut des Lettres et des Manuscrits

Cérémonie de remise du Grand Prix de l'Institut des Lettres et des Manuscrits

Floue et néanmoins fière aux côtés de Valéry Giscard d'Estaing

Floue et néanmoins fière aux côtés de Valéry Giscard d'Estaing

Exposition "Sade, Marquis de l'Ombre et Prince des lumières" à l'Institut des Lettres et des Manuscrits

Exposition "Sade, Marquis de l'Ombre et Prince des lumières" à l'Institut des Lettres et des Manuscrits

L'une des dernières acquisitions de l'Institut, le contrat de mariage entre Joséphine de Beauharnais et Napoléon Bonaparte

L'une des dernières acquisitions de l'Institut, le contrat de mariage entre Joséphine de Beauharnais et Napoléon Bonaparte

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