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Publié par Isabelle Kévorkian

mélo
mélo

Comédie dramatique (2h09) de Josh Boone, avec Shailene Woodley, Ansel Elgort

C’est l’histoire mélo-emphatique d’une ado de 17 ans, Hazel-Grace, qui a le cancer. Ses parents affichent le sourire compassé, et même le ciel se la joue hypocrite : ensoleillé par-delà les nuages aux formes romantiques. Elle rencontre Augustus, Gus, 18 ans, unijambiste, atteint lui aussi d’un cancer. Dès que l’on fait connaissance des personnages, l’on sait, d’instinct, qu’Hazel sera « contrôlante », une battante, en dépit de ses atermoiements de début de film. Comme l’on devine qu’Augustus, malgré son allure crâne et un état d’esprit fanfaron et cabotin, sera le perdant. Ce que l’on sait aussi, c’est qu’ils vont s’aimer. De ce premier amour très très pur, idéalisé et mielleux. Mais nous sommes dans une fiction, et compte tenu du sujet il semble normal de s’apitoyer quelque peu et d’y croire. Evidemment l’ensemble arrache quelques larmes, d’autant que le temps joue en notre faveur : plus de 2 heures à notre disposition. D’aucuns, profitant des ténèbres de la salle de cinéma, se mouchent avec conviction et reniflent fort, tout en sanglotant sans retenue. De l’art. Le problème de ce film, c’est qu’il n’y a aucune histoire en vérité. Un alibi qui ne tient pas la route : cet auteur au roman unique sur une fille qui meurt du cancer au beau milieu d'une phrase qu'elle ne terminera jamais (un pavé ceci-dit, « Les Chroniques de l’Humanité » à côté, de la rigolade !), enivré depuis des lustres, qui vit reclus à Amsterdam. Prétexte pour révéler cet amour naissant, la maladie incurable et la mort qui attend en silence, mais déterminée. Droite dans ses bottes et pédante, sa faux prête. Le réalisateur nous fait même le coup de visiter la maison d’Anne Franck, pour davantage de lyrisme, au cas où nous n’aurions pas déversé tout notre chagrin. Pas de dialogues et beaucoup de temps mort (sans vouloir me complaire dans de mauvais jeu de mots). Coup de bol : les sms fusent entre les tourtereaux, et peu de paroles suffisent à nourrir leur brève idylle sirupeuse. Néanmoins… Si l’on fait abstraction du côté sentencieux du scénario par ailleurs insipide et ennuyeux, il nous reste de jeunes acteurs épatants. Leur jeu de regards, leur attitude, leurs gestes, leur corps est tout uniment dédié au personnage qu’ils incarnent. Alors pour leurs prestations, ce film vaut un détour furtif. Pour les beaux yeux d’Hazel-Grace, qui porte bien son prénom, Hazel pleine de grâce, et l’athlétique et fier Augustus.

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