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Publié par Isabelle Kévorkian

Ciné : Le procès de Viviane Amsalem

Drame, chronique judiciaire (1h55) de Shlomi et Ronit Elkabetz, avec Ronit Elkabetz, Menashe Noy, Simon Abkarian

Un film intransigeant, complexe et difficile à chroniquer. Il s’agit du procès de Viviane Amsalem. Viviane demande le divorce, que son époux lui refuse. En Israël, les rabbins prononcent les divorces, et celui-ci va s’étaler sur cinq ans. Les scénaristes et réalisateurs concentrent leur propos sur les séances au tribunal, lieu ascétique et miséreux, au rythme des saisons qui défilent, sans qu’aucune issue ne puisse conclure l’affaire. La situation s’éternise au point que cela en devient absurde et grotesque, même si elle reflète la réalité d’une société contemporaine. Ce procès interminable constitue l’ultime punition pour ce couple incompatible, mais aussi pour nous, spectateurs, voyeuristes involontaires de cette farce. A chaque plongée dans ce tribunal, l’on espère que Viviane Amsalem va réussir à conquérir sa liberté, et chaque étape se solde par un échec. Il ne nous est pas possible de prendre parti, nous sommes démunis, à l’instar des témoins qui interviennent. Les arguments se valent et les retournements de situation impossibles à anticiper. Audibles, hélas. Etre une femme libre en Israël est un combat, une lutte sordide et dégradante. Voilà ce que ce procès dénonce. Ce film questionne et dérange : en cela, il nous est impossible de le juger. Les mentalités pourraient-elles progresser grâce à Viviane Amsalem ?

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