Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Isabelle Kévorkian

Ciné : La Ritournelle

Comédie (1h38) de Marc Fitoussi, avec Isabelle Huppert, Jean-Pierre Darroussin, Michael Nyqvist, Anaïs Demoustier, Pio Marmaï, Marina Foïs, Audrey Dana…

Comment résister au charme insolent de Pio Marmaï, mesdames ? Que vous soyez bergères, vendeuses chez American Apparel, spectatrices blotties dans les ténèbres de votre salle de cinéma, cela est impossible. Si ça ne l’est pas pour vous et nous, pourquoi cela le serait davantage pour Isabelle Huppert, Brigitte ? Regard foudroyant, remarques acerbes et humour impertinent, sens du silence qui harponne. Ce cocktail masculin brûle. Or, Brigitte est comme nous : elle succombe aux belles paroles lucifériennes et aux yeux de braise. Jusqu’à inventer un mensonge rocambolesque, néanmoins rempli de tendresse, pour revoir ce jeune cynique, limite injurieux, sans offenser son époux Xavier, éperdu d’amour depuis leur première rencontre en école d’agriculture. Le couple élève des vaches en Normandie, et c’est ainsi que leur vie tranquille bascule. Au contact d’une bande de jeunes qui organise une fête dans la demeure qui fait face à la leur. Il suffit d’une nuit, d’une Anaïs Demoustier géniale ! Délurée, tout agitée. Carrément en rut, réjouissante dans son personnage irrévérencieux. D’un Pio Marmaï, qui laisse entrevoir Italo Calvino dans la poche arrière de son jean, tout en affichant l’air désespéré d’un chiot abandonné et brisé. Brigitte donc, se rend à Paris, espérant retrouver ce prince qui l’a émoustillée. Le voyage ne tiendra pas sa promesse. Mais à la déception succède la joie et la sincérité. Voyage initiatique, quête de vérité. Brigitte fuit sa réalité, une vie qui lui apparaît soudain terne auprès de son mari, peut-être un peu « plouc ». Pensant découvrir une flamme qui la ranimerait, elle rencontre un vulgaire mufle, qui lui donne rendez-vous avec la solitude. Comme dans Peer Gynt. C’est elle qu’elle va retrouver, et la sincérité de son existence. C’est rempli d’affection, et le jeu d’acteurs est délicat. On ploie, émus. Certains applaudissent dans la salle. Peut-être la pureté n’est-elle pas tout à fait oubliée. Et puis il y a Darroussin, que l’on adore.

Commenter cet article