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Publié par isabelle kévorkian

Actualité foisonnante pour Hélène Grimaud. Un roman, deux cédés, dont l’un dans lequel elle ose affronter une nouvelle fois les concertos de Brahms. Dangereux. Virtuose. Le roman m’a davantage intéressée. J’ai découvert un talent d’écrivain qui ne m’avait pas tout à fait convaincue dans ses précédents livres. Un écrivain à la fois classique et contemporain dans la forme, brumeux et tourmenté dans le fond. A l’instar des romantiques allemands. Elle mêle écologie, étrangeté et musique. Tout s'accorde. Troublant. Elle donne la parole à Brahms. Audacieux. Elle nous entraîne dans une partition littéraire tumultueuse, et concentre son univers : les loups, Brahms et Schubert, le conte. Les liens se tissent, inattendus. Tout fait sens et son destin se dessine, net comme dans un miroir au tain pur. C’est bien écrit, soigné, solide. Les métaphores astucieuses. Les nuances ingénieuses, comme celles d’un concerto : Allegro, Adagio, Vivace. D’ailleurs, cette forme musicale ne signifie-t-il pas « réunir » ? C’est empli d’oxygène, on retourne à l’essence des choses. Et si Hélène Grimaud était une sorcière ? Elle termine par une citation d’Hélène dans Faust : « Simple, j’ai troublé le monde ; double, encore davantage ». Récit ou roman ? Plutôt un conte vital, musical, végétal et animal. Habile.

Retour à Salem, Hélène Grimaud, éditions Albin Michel, 19 euros, 251 pages.

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