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Publié par isabelle kévorkian

Ciné, débat : « Doutes » de Yamini Lila Kumar

« Doutes » (1h24), comédie dramatique avec Benjamin Biolay, Lara Guirao, Christophe Barbier, Suliane Brahim

Sortie le 13 novembre.

Sortie en avant-première au cinéma "Les Studios" à Brest même.

Débat avec la réalisatrice, Yamini Lila Kumar dont « Doutes » est le premier film, et son mari, Christophe Barbier, journaliste politique sir I-Télé et directeur de la rédaction à l’Express, l’un des acteurs du film. Ce couple, de toute évidence, est complémentaire. Christophe Barbier répond naturellement et avec éloquence, aux questions plus politiques, quand Yamini précise ses orientations de réalisation, l’ambition du film. Ils respectent leur territoire respectif tout en l’enrichissant.

« Une réalisation serrée pour justifier les accords et désaccords en famille, entre amis ; Imbriquer la vie et les sensations avec la politique » ; « Une caméra intimiste pour mieux raconter l’histoire politique récente sans honte » ; « Une réalisation proche du sentiment, les plans de situations s’avéraient superflus : il s’agissait de saisir les regards, les gestes et le désarroi par le biais du sentiment politique » ; « Comment être façonné par des croyances et être amené à jeter l’éponge ? » ; « Un film sur le manque de croyances en général » ; « On espère un rebond politique qui n’arrive jamais, mais les relations entre amis prennent le dessus sur la politique », explique Yamini Lila Kumar.

L’on sait aussi que l’écriture du scénario a démarré en 2010 pour s’achever fin 2011, donc avant les dernières élections présidentielles. La fin du film peut s’appréhender de manière pessimiste, ou riche de promesses et d’espoir. « Je n’ai rien voulu imposer, aucune vision », précise la réalisatrice. Chacun se fera son opinion, se rappelant que les dernières présidentielles ont élu la gauche au pouvoir.

« La gauche ne réussit plus à appliquer ses idées. Chaque élection, depuis les 30 glorieuses, plonge le pays dans une forme de désespoir. Peut-être est-ce la génération du personnage d’Albertine, la génération des années 80, qui saura perpétuer l’histoire politique et la mythologie de la gauche », poursuit Christophe Barbier. Les références à Nani Moretti ? « La politique italienne constitue le miroir grossissant de ce que la France aimerait appliquer. Aujourd’hui il est question d’Etats-Unis d’Europe en Italie ! François Hollande n’a pas réagi ou saisi cette opportunité de constituer une gauche européenne » ; « La passion politique en France est exacerbée, comme les sentiments, d’où ce côté passionnel du film » ; « la gauche assume une forme de trahison de ses promesses au nom du pouvoir. L’échec idéologique les touche moins profondément que les français. Ce film explique aussi cela, le fait que la gauche n’a pas de scrupules, cela démontre sa fragilité et nous la rend proche » ; « N’excluons pas que François Hollande ait raison, que le temps de la croissance économique revienne. D’où sa volonté de préserver la paix sociale ».

Peut-être que l’une des solutions se trouve dans la culture comme forme de militantisme, à l’instar du personnage d’Albertine, comédienne, qui s’engage, plutôt que le personnage de Chris qui refuse toute croyance par peur de souffrir.

Bref, un film qui questionne, assorti d’une B.O. impeccable. La Superbe. « Déçu de vous, déçu de nous, je ne crois plus en rien du tout ; Sans viser personne ». Rideau.

www.laregledujeu.org/kumar : lire les Carnets de Doute de Yamini Lila Kumar

www.doutes-lefilm.fr ‎ : visionner le site Web du film

https://fr-fr.facebook.com/Doutes : suivre le film sur FB

www.youtube.com/watch?v=IcXr8SONYEo ‎: visionner la bane annonce

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