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Publié par isabelle kévorkian

Ciné : « Blood Ties" (2h07), de Guillaume Canet

Ciné : « Blood Ties" (2h07), de Guillaume Canet
Policier. Avec Clive Owen et Billy Crudup (excellentissimes), Marion Cotillard, Mila Kunis, Zoe Salda
na.

Monsieur Canet s'est fait plaisir, et si ses réalisateurs de référence s’appellent Martin Scorcese ou Francis Ford Coppola, ce n'est pas "Blood Ties" qui leur rendra hommage. Pas une réplique sans "fuck", décliné à l'infini. Fucking train, fucking home, fucking brother, fuck, fuck, fuck. Allez plutôt voir le film dans sa version française si vous voulez des dialogues. D’autant que l’accent forcé et inégal de Marion Cottilard fait trembler et décrédibilise son personnage. « C’est le plus beau rôle de ma vie que Guillaume m’a offert, taiiink iiiou », précise-t-elle, un regard énamouré vers son compagnon. Elle joue sept minutes environ, trois scènes dans lesquelles elle prononce « fuck » (tête penchée à droite), « fuck » (tête penchée à gauche), et un silence. Il y a aussi une scène de mariage avec de nombreux invités, alors que les protagonistes vivent reclus. Il y a bien sûr des révolvers, des pistolets, des fusils, des balles qui fusent, du sang versé. Autant de jouets de guerre dont Guillaume Canet doit être nostalgique.

Au-delà du film, qui n’a rien de la poésie, de la magie et de l’inventivité dont Guillaume Canet a fait preuve jusqu’à présent, je m’insurge. La promotion prend en otage, est malhonnête intellectuellement. Guillaume Canet et Marion Cotillard sont annoncés dans quelques salles parisiennes, hier, pour la sortie du film. Ils sont bien présents en effet, face à une salle prête à craquer, mais avec leur manteau sur le dos, écharpe dans une main et micro dans l’autre. Juste avant que la salle ne s’obscurcisse. « Merci d’être là, si vous aimez le film faites-le savoir, si vous n’aimez pas, ne postez pas de commentaires ! », ironise Guillaume Canet. Et hop, ils s’envolent : « Bonne projection ! ». Aucun échange. Méprisant. Est-ce la nouvelle façon de s’assurer d’une salle comble et du succès d’un film ?

Ce film présente tout de même une vertu, à l’heure du débat sur la réforme pénale. On ne s’improvise pas flic, et on ne choisit pas ce métier par hasard ou sur un malentendu, une blessure qui remonte à l’enfance. Lorsqu’on est (nait) voyou / délinquant / criminel, voué à être incarcéré, la rédemption est-elle possible ? Peut-être. Dans ce cas parlons de réinsertion et favorisons-là, encadrons-là.

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